RESPETH 2 2024
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SOMMAIRE
Avant-Propos : POURQUOI HEIDEGGER ?…………………………………..2
PRÉSENTATION DU DEUXIÈME NUMÉRO :
Martin Heidegger: Entre les lignes doctrinales………………………………….8
IRIE (Géraud Martial) L’habitat en question .…………………………………….16
POURQUOI HEIDEGGER ?
Dans la langue de sa pensée, Heidegger dit que l’Être est la présence du présent ; cela apparaît comme une explicitation de cette catégorie fondamentale de la métaphysique occidentale. Qu’une Revue scientifique, en terre africaine, soit consacrée à rendre explicite l’intuition du dernier des grands penseurs de l’être, n’implique pas moins une question importante qu’il faudrait immédiatement poser, à savoir : Y a-t-il un intérêt à réfléchir, avec Heidegger, sur le sens et la vérité de l’être, pour des êtres dont l’histoire consciente demeure encore très problématique dans l’imaginaire de beaucoup de blancs ? Cette question, en se la posant, ne s’inscrit nullement dans un conflit d’identité ou de capacité historiale ; elle vise plutôt à scruter un implicite qui structure tout grand philosopher : Le rapport de la conscience aux choses. Ce rapport ne peut être esquivé, sous aucun prétexte, pour autant que l’homme, quelle que soit sa particularité individuelle ou collective, ne peut pas ne pas comprendre que le point de départ de l’histoire s’inscrit nécessairement dans ce rapport. Au fond, au-delà de tout ce qui nous préoccupe, et qui peut parfois devenir objet de divergences ou même de conflits, souvent violents, il y a une chose qui nous détermine tous : nous sommes des consciences devant les déterminités. Et la conscience ne parvient à sa vérité que dans une appartenance essentielle au Concept, comme expression d’une pensée substantielle de son rapport aux choses. De ce point de vue, ce rapport n’est pas un simple rapport, il est si complexe qu’une complaisance à son égard influence négativement la marche dans l’histoire de tout peuple. La qualité de cette marche est donc déterminée par le sérieux et la profondeur avec lesquels l’on se pense dans la présence des choses. Husserl, dont la philosophie est une réappropriation de la conscience, dans son essentialité, nous permet de bien comprendre qu’une pensée rigoureuse ne peut se dispenser de la vérité de la conscience dans son rapport aux choses, d’où la nécessité fondamentale de l’époché, pour accéder au moi transcendantal ; car une conscience encombrée de psychologisme rend impossible l’effectivité exacte de celle-ci dans son intentionnalité. C’est la réduction transcendantale pour désobstruer le rapport de la conscience aux choses. Le retour aux choses ou « droit aux choses mêmes », comme idée substantielle de la phénoménologie husserlienne, est le retour de la conscience dans sa pureté originelle, seul gage pour rendre la philosophie, c’est-à-dire le Concept, à sa propre vérité, comme science rigoureuse. Le célèbre article de Husserl, La philosophie comme science rigoureuse, paru en 1911, en donne la pleine mesure. La conscience, étant le fondement premier de toute science, y compris la philosophie en premier, exige d’être pensée en soi, comme conscience transcendantale, pour donner au Concept toute la rigueur de son sens. La rigueur de la conscience, qui s’atteste dans la réduction phénoménologique, chez Husserl, traverse toute la pensée de Heidegger, qui l’enracine dans une expérience plus originaire et plus originelle, celle avec l’Être.
Quand j’essaie de faire attention à mon environnement, je vois les choses-ci : à côté, un chien ; devant, une maison ; plus loin, un arbre. Ces choses seraient-elles spécifiques à mon environnement ? N’existeraient-elles pas ailleurs, à des milliers de kilomètres, à Katmandou au Népal par exemple ? Si, mais, on pourrait objecter que mon chien n’est pas le même que celui du Népal. Sans doute, mais si on admet que mon chien et celui du Népal sont des chiens, il va sans dire que quelque chose de plus profond les détermine, de telle manière que, malgré l’évidente différence, ils demeurent des chiens. Notre pensée, qui les identifie comme chiens, se pose sur la réalité non perceptible, qui, dans sa profonde vérité, permet de déterminer le chien comme chien. Ainsi, la pensée, dans son propre, se conçoit et se fonde sur le non-présent, en tant qu’il est l’indéterminable dans le déterminable-présent. Et c’est là toute la pertinence du penser heideggérien. La tentation constante d’être envahie par le présent empêche la pensée de se déployer rigoureusement pour donner à la conscience toute sa vérité.
Penser la pensée, dans son appartenance à l’Être, pour la préserver de l’invasion de l’étance, reste une idée éternellement « jeune », qui implique, sans aucun doute, la préservation absolue de l’identité essentielle, sans laquelle, de toute évidence, rien de substantiel ne peut être construit, pour donner à l’histoire la plénitude de son sens. La question de la pensée est une question d’humanité qui ne saurait être circonscrite à une aire géographique, dans la mesure où le rapport de l’homme à l’étant est un rapport qui structure, de manière universelle, son existence.
Mieux, penser la pensée pour mieux la rendre à l’homme, afin de lui permettre d’habiter, dans la sérénité, la terre, où l’étant devient absolu, exige une méditation sur le rapport de l’étant à l’ être. Un rapport dans lequel l’étant est dans la dépendance de l’être. L’étant se structure dans une articulation nécessaire à l’être. Cette nécessaire articulation, disloquée par la métaphysique de l’étant, est si absolue que Heidegger, dès les premières pages de Être et Temps, fait le constat suivant : « La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli » (Heidegger, 1986, p. 25). Mais au préalable, il n’a pas manqué de dire ceci, dont la gravité permet de mesurer tout l’enjeu de sa pensée : « Avons-nous une réponse à la question de savoir ce que nous voulons dire exactement avec le mot « étant » ? Aucunement. Dans ces conditions, il faut poser en termes tout à fait neufs la question du sens de l’être. Sommes-nous donc seulement aujourd’hui encore dans l’aporie de ne pas entendre l’expression « être » ? Aucunement. Dans ces conditions, le plus urgent, c’est de réveiller une entente pour le sens de cette question » (Idem, p. 21). Il s’agit, alors, de pousser à fond le rapport de l’homme au savoir pour qu’advienne et se maintienne, sans prétention et de manière définitive, son essence pensante, si tant est que rien ne peut possibiliser son existence, s’il n’est radicalement établi dans cette essence. Car, dit Heidegger, « savoir est la sauvegarde pensante de la garde de l’être » (Heidegger, 1958, p. 420). Cette garde, dans laquelle l’homme accomplit la splendeur de son humanité, n’est spécifique à aucune race et à aucun continent, sauf si nous admettions que la pensée ne serait pas le propre de l’homme. Pour avoir commencé en Grèce que Hegel qualifie comme le point lumineux de l’histoire universelle, la pensée, dans l’appartenance à son essence, comme objectivation rigoureuse et profonde de la conscience dans son rapport aux choses, déborde la seule Grèce, et poursuit sa marche radicale, vers le lieu essentiel où l’homme est pleinement chez soi. Peu importe la manière avec laquelle elle parvient aux peuples, qu’elle soit embastillée dans un impérialiste colonial, il nous faut l’accueillir, avec grande sérénité et lui permettre de croître dans le secret de sa puissance, qui rend puissants les peuples qui savent la contempler dans la splendeur de sa vérité. Là se trouve, paradoxalement, l’authentique chemin de liberté, parce qu’est libre celui qui se déploie dans la Libre-Étendue, où sont brisées les idoles de nos excessifs particularismes et de nos primitivités, dénuées du saut qualitatif, nous empêchant ainsi de saisir la profondeur de cette idée heideggérienne : Là où croît le péril, là aussi croit ce qui sauve. Ce qui suppose qu’il faut, dès la départ, écarter, avec une violence salutaire, l’idée d’une rationalité multiple, comme si « un plus un » feraient, ailleurs, autre chose que deux. La logique n’est ni culturelle, ni géographique, c’est le propre de l’esprit ; et l’essence de l’esprit, selon Hegel, réside dans la conscience de soi, conscience parvenant à son contenu comme Concept. Ce Concept est grec ; et nous sommes, pour ainsi dire, des Grecs. Serait-il scandaleux d’affirmer pareille chose ? Ne faudrait-il pas revendiquer autre chose que la grécité, surtout que la Grèce actuelle est menacée de faillite, en raison de profondes difficultés économiques ? Aussi, pourrions-nous ironiser, de telles difficultés ne trouvent-elles pas leur fondement ultime dans un certain « oubli de l’Être » ? Y a-t-il donc, aujourd’hui, honneur à défendre une filiation grecque ? En bonne logique non, pas pour des raisons de grandeur économique, mais parce qu’un Noir ne peut pas avoir un ancêtre Blanc, alors qu’il n’est pas mulâtre. Alors que veut dire « nous sommes des Grecs ? » Heidegger nous donne l’excellente réponse : « Grec, cela ne signifie pas, dans notre façon de parler, une propriété ethnique, nationale culturelle ou anthropologique ; grec est le matin du destin sous la figure duquel l’être même s’éclaircit au sein de l’étant et en laquelle une futurition de l’homme, qui en tant qu’historial, a son cours dans les différents modes selon lesquels elle est maintenue dans l’être ou délaissée par lui, sans pourtant jamais en être coupée » (Heidegger, 1958, p. 405).
Dans une Afrique, où, cinquante ans après les indépendances, pour la plupart des pays francophones, la question des États modernes demeure encore très préoccupante, en raison d’une appropriation non encore suffisante des concepts fondamentaux comme la justice, la liberté, l’égalité sociale et politique, la rigueur au travail, concepts à partir desquels se construit tout peuple viable, une entreprise comme RESPETH, qui s’élève dans l’horizon de la pensée de l’Être, n’apparaît pas seulement juste mais nécessaire. Bien qu’elle ne soit pas au centre de la pensée heideggérienne, la pensée des valeurs et des exigences sociales et politiques ne sous-tend pas moins la question de l’être, si tant est que c’est au cœur d’un humanisme fondamental, comme pensée de l’Être, qu’émerge et acquiert consistance tout humanisme classique, comme valeurs humaines à promouvoir et à sauvegarder. Il serait, alors, prétentieux, de croire que la présente œuvre donnerait des directives à l’action de l’homme ; une telle orientation est, simplement, aux antipodes de la pensée de Martin Heidegger, pour qui la pensée est en soi une action radicale : « La pensée n’est pas d’abord promue au rang d’action du seul fait qu’un effet sort d’elle ou qu’elle est appliquée à La pensée agit en tant qu’elle pense. (…) Cet agir est probablement le plus simple en même que le plus haut, parce qu’il concerne la relation de l’homme à l’être » (Heidegger, 1966, p. 68). Pourquoi ? Parce que là où existent des distorsions sociales et des horizons historiques confus, la pensée ne s’est pas suffisamment accomplie, c’est-à-dire l’homme n’a pas, avec vigueur et rigueur, porté son essence dans la seule relation, qui lui donne tout son contenu, celle de l’être. Ne serait-il pas alors bien étonnant de montrer, avec rage, comme l’a fait Emmanuel Faye, que Heidegger est un théoricien du nazisme ? Ne serait-il pas tout à fait injuste d’enfermer le grand penseur de l’Être dans une courte séquence de sa vie (Six mois rectorat sous le régime des nazis), alors même que la commission de « Dénazification » (France-Lanord, 2013, p. 320-326) a eu lieu depuis le courant des années 1945-1949 ! L’image intime du philosophe de la Forêt Noire, qu’il convient tenir fermement, détruit radicalement le rectorat sous le nazisme. Pas plus que son génie de pensée ne peut être discrédité par son son histoire d’amour avec Hannah Arendt, pas plus les accointances avec le nazisme ne peuvent remettre en cause la profondeur de pensée du dernier des grands philosophes de notre temps. Le génie n’est pas Dieu ; et la grande intelligence n’est pas canonisation.
« Le présent est le rassemblement ordonnant et sauvegardant du présent en sa présence chaque fois séjournante » (Heidegger, 1958, p. 444). Apprendre à sauvegarder le présent pour habiter, de manière sereine l’humanité de l’homme, telle est, pour nous, l’absolue nécessité inesquivable. Apprendre à penser, avec Martin Heidegger, ce n’est pas apprendre à spéculer, c’est apprendre à être radicalement humain ; seul l’humain pense en poète, c’est-à-dire la pensée qui élève l’homme dans une harmonie intégrale, parce que pensée de l’Être. Alors, reprenant Hölderlin, Heidegger pouvait écrire : « Plein de mérites, c’est pourtant poétiquement que l’homme habite la terre ». Puissent nos présents « Pas » demeurer dans l’ouvert irradiant de l’Être, pour qu’advienne l’effectivité historique du Concept Vivant.
PRÉSENTATION DU DEUXIÈME NUMÉRO : MARTIN HEIDEGGER : ENTRE LES LIGNES DOCTRINALES
Comment com-prendre, pour un appel à contributions libres, que nous puissions en arriver à proposer un tel intitulé ? Martin Heidegger : Entre les lignes doctrinales. N’est-ce pas parce qu’au fond, rien n’échappe à l’économie de pensée de Martin Heidegger ? Dans la simplicité d’un objet essentiel de pensée – la question de l’Être – se trouve rassemblée une pluralité de questions philosophiques ! Com-prendre ainsi véritablement cet intitulé, ce qui veut dire le saisir comme unité indissociable d’un ensemble, c’est, en partant des différentes réflexions qui constituent ce numéro 2 de RESPETH, les rapporter à l’édifice philosophique de Martin Heidegger.
Commençons d’abord par annoncer les différentes contributions, pour ensuite en extraire les idées maîtresses, et enfin en proposer une analyse globale à partir de leur rapprochement. On note, pour ce deuxième numéro, quatre contributions fondamentales, lesquelles semblent nous renvoyer au Quadriparti heideggérien unissant le Ciel et la Terre, les Divins et les Mortels. Il s’agit de : « L’Habiter en question » (Géraud IRIÉ Martial) ; « Pour un humanisme nouveau à la lumière du penser poétique heideggérien » (Léonard KOUASSI Kouadio) ; « Jean 1, 1 : ̉̉εν ἀρχἠ ἢν ὁ λόγος ou l’objet du litige avec Heidegger » (Wouanssi EKÉ) ; « La question de la vérité et l’anthropologie phénoménologique chez M. Heidegger » (Séverin YAPO et Aké YAPI Michael Anania). En quels sens se tisse ou se décèle la logique quadripartite heideggérienne ? Et quel est le fond de la pensée qui se dissimule dans chaque article ?
En portant un regard méditatif sur les quatre articles, il y est clairement établi le Quadriparti : De l’analyse de EKÉ à celle de IRIÉ se manifeste la verticalité Ciel et Terre ; pendant que celles de YAPO/YAPI et de KOUASSI expriment l’horizontalité des Divins et des Mortels. D’où la proximité Terre et Mortels d’une part, et de l’autre, Ciel et Divins. Ainsi de la Terre, entendue comme lieu d’habitation des Mortels, vu qu’il s’opère aujourd’hui une dévastation constante de celle-ci sous le règne de la technoscience, s’élève un cri : l’homme contemporain, privé de qualité qu’il est dans l’absence totale de patrie qui est sienne, est nécessairement appelé, voire interpellé à une aube nouvelle. Telle semble être la pensée essentielle qui se déploie au travers des deux textes : « L’Habitation en question » et « Pour un humanisme nouveau à la lumière du penser poétique heideggérien ».
Le premier part du constat fondamental selon lequel l’humanité tout entière est affrontée à une crise du logement et de l’habitation. Et si pour l’auteur, cette crise s’origine dans l’indigence de notre époque à penser véritablement, tant la domination de la technoscience, expression de la métaphysique oublieuse de l’être, est-ce dans un retour à l’essence de l’habitation qu’il faille résoudre ladite crise. Or, en son entente originelle, Habiter signifie bâtir et bâtir, en son etymon, désigne le « Ich bin » allemand, au sens d’« être » ou « je suis », expression de l’habitacle : j’habite, je demeure. Il y a ainsi, dans l’habiter, le séjournement. C’est ce qui pousse l’auteur à s’exprimer comme suit :
Ce séjour a lieu quand nous laissons les choses dans leur être et les entourons de soins et de protection. Entourer de soins, protéger une chose, est une attitude tout autre que celle de s’en rendre maître et propriétaire comme l’enseigne la métaphysique cartésienne qui a conduit à l’exploitation totale et à la recherche de profits. Ménager un séjour auprès des choses, c’est les garder sauves dans leur être, les tenir près de soi pour ce qu’elles sont sans en faire usure, sans en être des usuriers.
Martin Heidegger : Entre les lignes doctrinales, comment l’appliquer alors à cette analyse sinon que de l’urbanisme ou du gigantisme, ne s’exprime aucune possibilité du mieux ou du bien-être. Tout réside dans le sens de l’habiter, comme tel, qui consiste, pour chaque être humain, à tenir en respect les choses, à entrer ainsi dans une communion avec elles en les entourant de soin ! Une sorte d’éthique du care. Un homme, qui se tient dans une telle dimension de mesure, n’a-t-il pas d’ores et déjà rompu avec l’existence banale ? « Pour un humanisme nouveau à la lumière du penser poétique heideggérien » ne nous offre-t-il pas un élément de réponse ? L’analyse que se propose l’auteur de cet article questionne en direction de l’essence humaine qui a un rapport fondamental avec la Pensée. Aux yeux de l’auteur en effet, quêter en direction de cette essence est indissociable d’une véritable rupture avec la vision classique ou traditionnelle qui conçoit la parole comme simple instrument au service du commerce intersubjectif.
En effet, dans la perspective de Martin Heidegger, il faut savoir que « la pensée et la parole, donc la poésie, ne sont pas de simples réalités ontiques, mais qu’elles déploient plutôt le sens, c’est-à-dire qu’elles appellent au fond l’Être à habiter l’essence de l’homme ». Déployer le sens, suivant l’explicitation de l’auteur, c’est « questionner les choses à partir de l’être de l’homme ou rendre lucide un univers humain pour l’homme à travers la parole. En clair, une pensée qui déploie le sens est en quête d’une habitation solide pour l’humanité. C’est pourquoi, nous insistons sur le fait qu’une telle pensée pense avant tout l’éthos originaire des humains ».
Si donc, conformément à l’entente classique, qui a instrumentalisé la parole et la pensée, on en est arrivé à une dépréciation de l’essence humaine comme animal rationale, la détermination d’une humanité nouvelle ne peut que s’établir dans l’horizon de l’Être comme tel. Or, nous dit Heidegger, « là où l’essence de l’homme est pensée de façon aussi essentielle, c’est-à-dire à partir uniquement de la question portant sur la vérité de l’Être, mais où pourtant l’homme n’est pas érigé comme centre de l’étant, il faut que s’éveille l’exigence d’une intimation qui le lie, et de règles disant comment l’homme, expérimenté à partir de l’eksistence à l’Être, doit vivre conformément à son destin » (1983, p. 141). L’auteur de l’analyse peut alors inférer ce qui suit : « Cette question qui, dans son déploiement, porte, avant tout, sur l’Être, questionne en direction de l’ethos de l’homme. Ce qui signifie que la question ontologique est implicitement une question qui parle de l’ethos entendu comme séjour de l’homme ici bas ».
Lire ainsi Martin Heidegger, au travers de la doctrine humaniste nous donne à penser, sans conteste, que la pensée heideggérienne, quoique réfutant l’humanisme en son versant métaphysique, ne pense pas pour autant, contre l’humanisme, en direction d’un en-deçà de l’humain. « Elle conduit l’eksistence historique, c’est-à-dire l’humanitas de l’homo humanus, au domaine où se lève l’aube de l’indemne » (Op. cit., p. 157). En des termes encore plus explicites, « penser la vérité de l’Être, c’est en même temps penser l’humanitas de l’homo humanus. Ce qui compte, c’est l’humanitas au service de la vérité de l’Être, mais sans l’humanisme au sens métaphysique » (idem, p. 139).
S’il nous est donné de comprendre que l’ontologie fondamentale de Martin Heidegger est une pensée qui restitue à l’homme sa véritable essence ou vocation, qu’en est-il de l’idée de Dieu ? Nous faut-il suivre le philosophe quand il affirme : « Cette philosophie ne se décide ni pour ni contre l’existence de Dieu. Elle reste cantonnée dans l’indifférence. La question religieuse n’a pas d’intérêt pour elle » (Idem, p. 135) ? Bien plus, le Logos, tel que pensé par Martin Heidegger, est-il à entendre conformément à l’orientation des penseurs matinaux grecs, ou alors, convient-il de le saisir en son entente hébraïque ?
Visiblement, le texte portant sur « Jean 1, 1 : ̉̉εν ἀρχἠ ἢν ὁ λόγος ou l’objet du litige avec Heidegger » se déploie dans la droite ligne de cette préoccupation. Aussi, les premières lignes du résumé proposé par l’auteur sont plus qu’éloquentes : « On peut découvrir, et donc soutenir facilement, qu’il y a bel et bien une provenance théologique dans l’œuvre de Heidegger, malgré l’ambiguïté discontinue entre ses premiers et ses derniers textes. Le monde gréco-hébraïque, dont il est intellectuellement issu, souffre constamment d’une négation ou d’un silence qu’il tente d’entretenir pour des raisons qui nous échappent ».
La philosophie de Martin Heidegger, pourrait-on le dire, n’a cessé d’entretenir un « flou idéologique et identitaire » sur la question de la relation entre Être et Dieu. Aussi, dans nombre d’ouvrages, aux dires de l’auteur, singulièrement du va et vient entre Introduction à la métaphysique, Être et temps, Phénoménologie de la vie religieuse, ainsi qu’Acheminement vers la parole, les différentes affirmations qui s’entrechoquent sont-elles comme la marque d’un blanc, d’un effacement ou d’une occultation, comme si le philosophe voulait, à chaque fois, brouiller les pistes.
Seulement, dénégation impossible : comment serait-ce possible, du rapport, par lui établi entre Être, Logos et Parole, d’affirmer que l’Être dont il parle, ce n’est pas Dieu, ni un fondement du monde ? Qu’en est-il du Logos biblique : comment en effet pouvoir le ramener, sinon le réduire au seul étant (immanent et transcendant) – référence faite à l’image phénoménologique du Dieu-fait-homme – sans nommer l’Être ? Tel est en ce sens, l’objet du litige avec Heidegger ! « Dit autrement, en relisant Heidegger, entre les lignes, ne peut-on pas se surprendre d’y voir effectivement une théologie déguisée, malgré les attaques et les dénégations qu’il assène à certains mots-clés des Évangiles en particulier, et au christianisme en général ? » En ce sens, à travers Martin Heidegger : Entre les lignes doctrinales théologico-ontologique, phénoménologique et herméneutique, s’ouvre à nous l’idée essentielle et incontestable suivante : Si l’ontologie n’est possible que comme phénoménologie, l’interprétation de l’ontologie heideggérienne, en dépit des soubresauts connus, relativement à la trajectoire intellectuelle et à l’être-là historial du penseur, est, de part en part, ce qui veut dire de son commencement à sa fin, une théo-logie. C’est bien l’entente correspondante de cette parole tirée d’Acheminement vers la parole, relativement à l’indication faite par le Japonais sur sa provenance théologique : « Sans cette provenance théologique, je ne serais jamais arrivé sur le chemin de la pensée. Provenance est toujours avenir » (Heidegger, 1976, p. 95).
Si avec l’auteur de cette analyse, « nous pouvons donc dire que la phénoménologie à venir sera bien chez elle dans le dévoilement des textes néo testamentaires », car aux dires même de Martin Heidegger, son questionnement sur l’herméneutique n’obéit à aucun souci « de faire du nouveau […] bien plutôt inversement à penser plus originellement ce qu’est la phénoménologie afin, de cette manière, de la ramener en propre dans son appartenance à la philosophie occidentale » (Idem, p. 91), en est-il de même dans l’analyse sur « la question de la vérité et l’anthropologie phénoménologique chez Martin Heidegger » ?
L’analyse que proposent les auteurs part fondamentalement de la question de la Vérité, et ce en son versant phénoménologique : « Partant du thème de la vérité, se formule l’hypothèse de la présence chez Heidegger d’une phénoménologie de type plus théologico-esthétique qu’anthropologique ». En ce sens, il y aurait, dans le questionnement heideggérien en direction de l’essence du Vrai, une mise à l’écart de la réalité humaine comme telle. La perspective heideggérienne de l’« aller-droit-aux-choses-mêmes » engage une sorte de rapport direct, sans médiation, afin que le phénomène se saisisse en son être tel, ce qui veut dire aussi en sa vérité. C’est pourquoi il se joue un retrait, une sorte d’effacement de l’être-homme. On réalise alors que le vocabulaire de la Vérité, en tant que alèthéia, ce qui, chez Heidegger, s’énonce comme monstration de soi, auto-donation ou dévoilement pure, finit par oublier l’homme au profit tantôt d’un dieu, tantôt de l’art. C’est bien sur ce point que les auteurs entrent en discussion avec le philosophe de Fribourg pour ainsi le dépasser en corrigeant cette mise entre parenthèse de l’homme. Il peut alors être inféré ce qui suit : « Appréhender fondamentalement la vérité comme le lieu de relation entre la vérité et l’homme, tel est l’objectif principal de cette étude ».
Faisons remarquer, au passage, que les auteurs, qui entrent en dialogue-critique avec Martin Heidegger, reconnaissent bien l’originalité de l’orientation heideggérienne. C’est précisément la teinture ontologique de la phénoménologie qu’ils admirent ; « Notre axe théorique consiste, en réalité, à défendre le caractère fondamental et prééminent de la portée ontologique de la phénoménologie telle qu’inaugurée par Heidegger. Mais reste à savoir si Heidegger lui-même et ses exégètes après lui, demeureront fidèles aux implications de cette inflexion ontologiquement phénoménologique de l’intentionnalité husserlienne ? »
De Marion à Balthasar, il y a, à partir de leur réflexion, une logique du même, tel chez Martin Heidegger. L’ontologie demeure toujours, dans une certaine mesure, le voile de la Présence. Si, dans la perspective heideggérienne, « ce n’est qu’à partir de la vérité de l’Être que se laisse penser l’essence du sacré. Ce n’est qu’à partir de l’essence du sacré qu’est à penser l’essence de la divinité. Ce n’est que dans la lumière de l’essence de la divinité que peut être pensé et dit ce que doit nommer le mot « Dieu » » (Heidegger, 1983, p. 135), chez ces auteurs, au rebours, le noyau central du dévoilement, en regard de leur orientation, se nomme anthropologie : « Pour notre part, le dévoilement s’énonce dans l’étant et culmine dans l’humanité, et l’enveloppement dans le divin qui, chez Heidegger, a, malencontreusement, pour répondant l’être ».
Au total, à la question fondamentale formulée au début de l’annonce de cette analyse, et reprise de fort belle manière dans leur conclusion en ces termes : « Quelle sera alors la nouveauté de la phénoménologie telle que nous l’appréhendons en l’époque qui s’ouvre pour le XXIè siècle? » répond clairement ceci : « La spécificité de la phénoménologie du XXIè siècle – nous le pensons fortement – sera à rechercher dans une radicalisation de l’anthropologie phénoménologique de Heidegger. Elle se fera la vérité de sa propre théologie phénoménologique déniée par le philosophe de l’Être lui-même ». Il devient alors clair qu’entre les lignes doctrinales, Martin Heidegger, en saisissant la phénoménologie comme la science de ce qui, tout d’abord n’apparaissant pas, et qui, tout en étant dans le retrait, rend présent, inaugurait, sans conteste, une herméneutique religieuse qu’il se trouve obligé de réduire au silence eu égard à sa redevabilité grecque. Toutes choses qui finissent par masquer ou voiler son anthropologie au profit d’une ontologie qui n’est qu’une théo-logie déguisée.
À la lumière de toutes les analyses susmentionnées, s’énonce bien l’idée unificatrice suivante : Au cœur d’un monde en détresse, face à la dévastation de la Terre – elle-même dévoilant une humanité en mal d’être –, il importe de se tourner, sans voile, vers le Très-Haut dont parlent les religions révélées, en l’occurrence le christianisme, et que, dans un élan de métaphysicien, l’évangéliste Jean annonçait en ces termes : « Au commencement était le verbe, et le verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Bible, Jean 1, 1). Reconnaître l’urgence d’une telle interpellation, c’est non seulement témoigner de la finitude humaine en laquelle cependant, dans sa grâce infinie et inépuisable, vient se finitiser le theos en son logos fondateur, mais encore et surtout, est-ce par là uniquement avouer que l’humanité nouvelle, appelée de tous nos vœux, peut réellement, dans une ouvertude radicale, trouver son séjour !
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : Notre analyse part de la méditation heideggérienne relative à la crise du logement et de l’habitation qui secoue nos sociétés. Il en ressort que la véritable crise « Not » réside dans l’indigence de la pensée, signe caractéristique de l’exploitation totale de la nature par les technosciences. Pour juguler cette crise, l’homme doit méditer sur l’être de l’habiter en vue d’une habitation authentique.
Mots-clés : HABITER, ÊTRE-AU-MONDE, GESTELL, QUADRIPARTI.
Living in question
Abstract: Our analysis begins from Heidegger’s meditation on the housing and dwelling crisis that shaking our societies. Through this analysis, it appears that the real crisis « Not » lies in the poverty of thought, characteristic sign of total exploitation of nature by technoscience. To curb this crisis, man must meditate on the being of living for an authentic habitation.
Keywords: LIVING, BEING-IN-THE-WORLD, GESTELL, QUADRIPARTITE
Références bibliographiques
Felden, M., (1981). 21e siècle : Les nouvelles dimensions du futur. Paris : éditions Entente, 395 p.
Goffi, J-Y., (1988). La philosophie de la technique. Paris: PUF, 127 p.
Heidegger, M., (1958). Essais et Conférences. Trad. De l’allemand par Alain Préau, Paris : Gallimard, 351 p.
Heidegger, M., (1986). Être et Temps. Trad. de l’allemand par François Vézin, Paris : Gallimard, 591 p.
Heidegger, M., (2003). Concepts fondamentaux de la philosophie antique. Trad. De l’allemand par Alain Boutot, Paris : Gallimard, 363 p.
Janicaud, D., (1983). « Face à la domination : Heidegger, le marxisme et l’écologie ». Dans Haar, M., (Dir.), Cahier de L’Herne. (pp. 393-405). Paris : L’Herne, 513 p.
Vaysse, J.-M., (2000). Le vocabulaire de Heidegger. Paris : Édition Marketing, 64 p.
POUR UN HUMANISME NOUVEAU À LA LUMIÈRE DU PENSER POÉTIQUE HEIDEGGÉRIEN
Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (Côte d’Ivoire)
Résumé : Questionner l’essence fondamentale de l’homme revient, pour Heidegger, à dépasser la conception classique qui considère la pensée et la parole comme des objets du raisonnement logique. Cette façon de voir, dans son déchoir, conduit à la rationalité instrumentale, nuisible à l’humanité. En dépassant cette conception froide de la pensée et de la parole, Heidegger propose de construire l’humanité nouvelle, à partir d’une approche ontologico-éthique du penser poétique.
Mots-clés : CRISE DU LOGOS, PENSER POÉTIQUE, ONTOLOGIE ET ÉTHIQUE, HUMANISME.
For a new humanism in the light of Heideggerian poetic thinking
Abstract: Questioning the fundamental substance of human being is to go above the classic conception according to Heidegger that considers the thought and the speech as objects of logical reasoning which is the cause of this instrumental rationality, armful today to humanity. Thus, by going above that cold conception of the thought and the speech, Heidegger proposes to build that new humanity far from the crisis, on the base of an ontological and ethical approach of the poetical thought.
Key-words: CRISIS OF THE LOGOS, POETICAL THOUGHT, ONTOLOGY AND ETHICS, HUMANISM.
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JEAN 1, 1 : ̉̉Εν ἀρχἠ ἢν ὁ λόγος OU L’OBJET DU LITIGE AVEC HEIDEGGER
Université de Poitiers (France)
Résumé : On peut découvrir, et donc soutenir facilement, qu’il y a bel et bien une provenance théologique dans l’œuvre de Heidegger, malgré l’ambiguïté discontinue entre ses premiers et ses derniers textes. Le monde gréco-hébraïque, dont il est intellectuellement issu, souffre constamment d’une négation ou d’un silence qu’il tente d’entretenir pour des raisons qui nous échappent. Le logos (Verbum) dans l’Évangile de Jean est littéralement déstructuré par Heidegger comme s’il en voulait ou même accusait la théologie chrétienne de plagiat. Le présent article montre, au contraire, que tout l’héritage gréco-romain a été « transféré » dans la littérature du christianisme primitif sans même qu’il n’y ait eu besoin de conversion. La phénoménologie peut donc aider la théologie contemporaine à ne pas se couper de ses racines et de ses origines : le λόγος est au commencement quelle que soit sa langue.
Mots clés : CHRISTIANISME, HERMENEUTIQUE, JUDAÏSME PHENOMENOLOGIE, ONTOLOGIE
John 1, 1: ̉̉ΕΝ ἀΡΧἠ ἢΝ ὁ λόγος or the object of the dispute with Heidegger
Abstract : One can discover, and thus easily sustain, that there was indeed a theological provenance in Heidegger’s work, despite the discontinuous ambiguity between his first and last texts. The Greco-Jewish world, he is intellectually derived, constantly suffering from a denial or silence he tries to maintain for reasons that escape us. The Logos (Verbum) in the Gospel of John is literally deconstructed by Heidegger as if he wanted or even accused of plagiarism, the christian theology. This article shows, on the contrary, that all the Greco-Roman heritage was « transferred » in the literature of early christianism without even that there was need for conversion. Phenomenology can therefore help contemporary theology not to be cut off its roots and origins: the λόγος is at the beginning regardless of language.
Keywords : CHRISTIANISM, HERMENETIC, JUDAISM, PHENOMENOLOGY, ONTOLOGY
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LA QUESTION DE LA VÉRITÉ ET L’ANTHROPOLOGIE PHÉNOMÉNOLOGIQUE CHEZ M. HEIDEGGER
Université Félix-HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire)
Aké YAPI Michael Hanania
Université Félix-HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire)
Résumé : Cet article vise, à partir d’une approche phénoménologique et, partant, plus fondamentale de la vérité, à montrer la spécificité ou l’orientation nouvelle de la phénoménologie du XXIème siècle. Celle-ci se trouve être la radicalisation de l’anthropologie phénoménologique de Heidegger, laquelle débouche finalement sur une pensée du divin établie sur l’humain.
Mots clés : PHÉNOMÉNOLOGIE, ANTHROPOLOGIE, AUTO-DONATION, VÉRITÉ.
The question of truth and phenomenological anthropology in M. Heidegger
Abstract This article aims, from a phenomenological approach and, therefore, more fundamental truth, to show specificity or the new direction of the phenomenology of the XXI century. This one is found to be the radicalization of Heidegger’s phenomenological anthropology, which ultimately leads to a thought of the divine established on the human.
Keywords: PHENOMENOLOGY, ANTHROPOLOGY, SELF-DONATION, TRUTH.
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