RESPETH 4 2016
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SOMMAIRE
Avant-Propos : POURQUOI HEIDEGGER ?…………………………………..2
PRÉSENTATION DU TROISIÈME NUMÉRO : Sur les traces de Martin Heidegger : ………………………………………………………………..8
MARTIN HEIDEGGER, CRITIQUE DE L’ONTOLOGIE CLASSIQUE ……………………………………………………………..11
MÉTAPHYSIQUE ET SENS …………………………………………………………48
AKANOKABIA (Akanis Maxime), Nietzsche et la métaphysique de la présence………………………………………………………..66
MARTIN HEIDEGGER ET NOTRE HUMANITÉ……………………….85
ROY-EMA (Pascal Dieudonné), Solidarité et souci chez Martin Heidegger………………………………………………86
POURQUOI HEIDEGGER ?
Dans la langue de sa pensée, Heidegger dit que l’Être est la présence du présent ; cela apparaît comme une explicitation de cette catégorie fondamentale de la métaphysique occidentale. Qu’une Revue scientifique, en terre africaine, soit consacrée à rendre explicite l’intuition du dernier des grands penseurs de l’être, n’implique pas moins une question importante qu’il faudrait immédiatement poser, à savoir : Y a-t-il un intérêt à réfléchir, avec Heidegger, sur le sens et la vérité de l’être, pour des êtres dont l’histoire consciente demeure encore très problématique dans l’imaginaire de beaucoup de blancs ? Cette question, en se la posant, ne s’inscrit nullement dans un conflit d’identité ou de capacité historiale ; elle vise plutôt à scruter un implicite qui structure tout grand philosopher : Le rapport de la conscience aux choses. Ce rapport ne peut être esquivé, sous aucun prétexte, pour autant que l’homme, quelle que soit sa particularité individuelle ou collective, ne peut pas ne pas comprendre que le point de départ de l’histoire s’inscrit nécessairement dans ce rapport. Au fond, au-delà de tout ce qui nous préoccupe, et qui peut parfois devenir objet de divergences ou même de conflits, souvent violents, il y a une chose qui nous détermine tous : nous sommes des consciences devant les déterminités. Et la conscience ne parvient à sa vérité que dans une appartenance essentielle au Concept, comme expression d’une pensée substantielle de son rapport aux choses. De ce point de vue, ce rapport n’est pas un simple rapport, il est si complexe qu’une complaisance à son égard influence négativement la marche dans l’histoire de tout peuple. La qualité de cette marche est donc déterminée par le sérieux et la profondeur avec lesquels l’on se pense dans la présence des choses. Husserl, dont la philosophie est une réappropriation de la conscience, dans son essentialité, nous permet de bien comprendre qu’une pensée rigoureuse ne peut se dispenser de la vérité de la conscience dans son rapport aux choses, d’où la nécessité fondamentale de l’époché, pour accéder au moi transcendantal ; car une conscience encombrée de psychologisme rend impossible l’effectivité exacte de celle-ci dans son intentionnalité. C’est la réduction transcendantale pour désobstruer le rapport de la conscience aux choses. Le retour aux choses ou « droit aux choses mêmes », comme idée substantielle de la phénoménologie husserlienne, est le retour de la conscience dans sa pureté originelle, seul gage pour rendre la philosophie, c’est-à-dire le Concept, à sa propre vérité, comme science rigoureuse. Le célèbre article de Husserl, La philosophie comme science rigoureuse, paru en 1911, en donne la pleine mesure. La conscience, étant le fondement premier de toute science, y compris la philosophie en premier, exige d’être pensée en soi, comme conscience transcendantale, pour donner au Concept toute la rigueur de son sens. La rigueur de la conscience, qui s’atteste dans la réduction phénoménologique, chez Husserl, traverse toute la pensée de Heidegger, qui l’enracine dans une expérience plus originaire et plus originelle, celle avec l’Être.
Quand j’essaie de faire attention à mon environnement, je vois les choses-ci : à côté, un chien ; devant, une maison ; plus loin, un arbre. Ces choses seraient-elles spécifiques à mon environnement ? N’existeraient-elles pas ailleurs, à des milliers de kilomètres, à Katmandou au Népal par exemple ? Si, mais, on pourrait objecter que mon chien n’est pas le même que celui du Népal. Sans doute, mais si on admet que mon chien et celui du Népal sont des chiens, il va sans dire que quelque chose de plus profond les détermine, de telle manière que, malgré l’évidente différence, ils demeurent des chiens. Notre pensée, qui les identifie comme chiens, se pose sur la réalité non perceptible, qui, dans sa profonde vérité, permet de déterminer le chien comme chien. Ainsi, la pensée, dans son propre, se conçoit et se fonde sur le non-présent, en tant qu’il est l’indéterminable dans le déterminable-présent. Et c’est là toute la pertinence du penser heideggérien. La tentation constante d’être envahie par le présent empêche la pensée de se déployer rigoureusement pour donner à la conscience toute sa vérité.
Penser la pensée, dans son appartenance à l’Être, pour la préserver de l’invasion de l’étance, reste une idée éternellement « jeune », qui implique, sans aucun doute, la préservation absolue de l’identité essentielle, sans laquelle, de toute évidence, rien de substantiel ne peut être construit, pour donner à l’histoire la plénitude de son sens. La question de la pensée est une question d’humanité qui ne saurait être circonscrite à une aire géographique, dans la mesure où le rapport de l’homme à l’étant est un rapport qui structure, de manière universelle, son existence.
Mieux, penser la pensée pour mieux la rendre à l’homme, afin de lui permettre d’habiter, dans la sérénité, la terre, où l’étant devient absolu, exige une méditation sur le rapport de l’étant à l’être. Un rapport dans lequel l’étant est dans la dépendance de l’être. L’étant se structure dans une articulation nécessaire à l’être. Cette nécessaire articulation, disloquée par la métaphysique de l’étant, est si absolue que Heidegger, dès les premières pages de Être et Temps, fait le constat suivant : « La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli » (Heidegger, 1986, p. 25). Mais au préalable, il n’a pas manqué de dire ceci, dont la gravité permet de mesurer tout l’enjeu de sa pensée : « Avons-nous une réponse à la question de savoir ce que nous voulons dire exactement avec le mot « étant » ? Aucunement. Dans ces conditions, il faut poser en termes tout à fait neufs la question du sens de l’être. Sommes-nous donc seulement aujourd’hui encore dans l’aporie de ne pas entendre l’expression « être » ? Aucunement. Dans ces conditions, le plus urgent, c’est de réveiller une entente pour le sens de cette question » (Idem, p. 21). Il s’agit, alors, de pousser à fond le rapport de l’homme au savoir pour qu’advienne et se maintienne, sans prétention et de manière définitive, son essence pensante, si tant est que rien ne peut possibiliser son existence, s’il n’est radicalement établi dans cette essence. Car, dit Heidegger, « savoir est la sauvegarde pensante de la garde de l’être » (Heidegger, 1958, p. 420). Cette garde, dans laquelle l’homme accomplit la splendeur de son humanité, n’est spécifique à aucune race et à aucun continent, sauf si nous admettions que la pensée ne serait pas le propre de l’homme. Pour avoir commencé en Grèce que Hegel qualifie comme le point lumineux de l’histoire universelle, la pensée, dans l’appartenance à son essence, comme objectivation rigoureuse et profonde de la conscience dans son rapport aux choses, déborde la seule Grèce, et poursuit sa marche radicale, vers le lieu essentiel où l’homme est pleinement chez soi. Peu importe la manière avec laquelle elle parvient aux peuples, qu’elle soit embastillée dans un impérialiste colonial, il nous faut l’accueillir, avec grande sérénité et lui permettre de croître dans le secret de sa puissance, qui rend puissants les peuples qui savent la contempler dans la splendeur de sa vérité. Là se trouve, paradoxalement, l’authentique chemin de liberté, parce qu’est libre celui qui se déploie dans la Libre-Étendue, où sont brisées les idoles de nos excessifs particularismes et de nos primitivités, dénuées du saut qualitatif, nous empêchant ainsi de saisir la profondeur de cette idée heideggérienne : Là où croît le péril, là aussi croit ce qui sauve. Ce qui suppose qu’il faut, dès la départ, écarter, avec une violence salutaire, l’idée d’une rationalité multiple, comme si « un plus un » feraient, ailleurs, autre chose que deux. La logique n’est ni culturelle, ni géographique, c’est le propre de l’esprit ; et l’essence de l’esprit, selon Hegel, réside dans la conscience de soi, conscience parvenant à son contenu comme Concept. Ce Concept est grec ; et nous sommes, pour ainsi dire, des Grecs. Serait-il scandaleux d’affirmer pareille chose ? Ne faudrait-il pas revendiquer autre chose que la grécité, surtout que la Grèce actuelle est menacée de faillite, en raison de profondes difficultés économiques ? Aussi, pourrions-nous ironiser, de telles difficultés ne trouvent-elles pas leur fondement ultime dans un certain « oubli de l’Être » ? Y a-t-il donc, aujourd’hui, honneur à défendre une filiation grecque ? En bonne logique non, pas pour des raisons de grandeur économique, mais parce qu’un Noir ne peut pas avoir un ancêtre Blanc, alors qu’il n’est pas mulâtre. Alors que veut dire « nous sommes des Grecs ? » Heidegger nous donne l’excellente réponse : « Grec, cela ne signifie pas, dans notre façon de parler, une propriété ethnique, nationale culturelle ou anthropologique ; grec est le matin du destin sous la figure duquel l’être même s’éclaircit au sein de l’étant et en laquelle une futurition de l’homme, qui en tant qu’historial, a son cours dans les différents modes selon lesquels elle est maintenue dans l’être ou délaissée par lui, sans pourtant jamais en être coupée » (Heidegger, 1958, p. 405).
Dans une Afrique, où, cinquante ans après les indépendances, pour la plupart des pays francophones, la question des États modernes demeure encore très préoccupante, en raison d’une appropriation non encore suffisante des concepts fondamentaux comme la justice, la liberté, l’égalité sociale et politique, la rigueur au travail, concepts à partir desquels se construit tout peuple viable, une entreprise comme RESPETH, qui s’élève dans l’horizon de la pensée de l’Être, n’apparaît pas seulement juste mais nécessaire. Bien qu’elle ne soit pas au centre de la pensée heideggérienne, la pensée des valeurs et des exigences sociales et politiques ne sous-tend pas moins la question de l’être, si tant est que c’est au cœur d’un humanisme fondamental, comme pensée de l’Être, qu’émerge et acquiert consistance tout humanisme classique, comme valeurs humaines à promouvoir et à sauvegarder. Il serait, alors, prétentieux, de croire que la présente œuvre donnerait des directives à l’action de l’homme ; une telle orientation est, simplement, aux antipodes de la pensée de Martin Heidegger, pour qui la pensée est en soi une action radicale : « La pensée n’est pas d’abord promue au rang d’action du seul fait qu’un effet sort d’elle ou qu’elle est appliquée à La pensée agit en tant qu’elle pense. (…) Cet agir est probablement le plus simple en même que le plus haut, parce qu’il concerne la relation de l’homme à l’être » (Heidegger, 1966, p. 68). Pourquoi ? Parce que là où existent des distorsions sociales et des horizons historiques confus, la pensée ne s’est pas suffisamment accomplie, c’est-à-dire l’homme n’a pas, avec vigueur et rigueur, porté son essence dans la seule relation, qui lui donne tout son contenu, celle de l’être. Ne serait-il pas alors bien étonnant de montrer, avec rage, comme l’a fait Emmanuel Faye, que Heidegger est un théoricien du nazisme ? Ne serait-il pas tout à fait injuste d’enfermer le grand penseur de l’Être dans une courte séquence de sa vie (Six mois rectorat sous le régime des nazis), alors même que la commission de « Dénazification » (France-Lanord, 2013, p. 320-326) a eu lieu depuis le courant des années 1945-1949 ! L’image intime du philosophe de la Forêt Noire, qu’il convient tenir fermement, détruit radicalement le rectorat sous le nazisme. Pas plus que son génie de pensée ne peut être discrédité par son son histoire d’amour avec Hannah Arendt, pas plus les accointances avec le nazisme ne peuvent remettre en cause la profondeur de pensée du dernier des grands philosophes de notre temps. Le génie n’est pas Dieu ; et la grande intelligence n’est pas canonisation.
« Le présent est le rassemblement ordonnant et sauvegardant du présent en sa présence chaque fois séjournante » (Heidegger, 1958, p. 444). Apprendre à sauvegarder le présent pour habiter, de manière sereine l’humanité de l’homme, telle est, pour nous, l’absolue nécessité inesquivable. Apprendre à penser, avec Martin Heidegger, ce n’est pas apprendre à spéculer, c’est apprendre à être radicalement humain ; seul l’humain pense en poète, c’est-à-dire la pensée qui élève l’homme dans une harmonie intégrale, parce que pensée de l’Être. Alors, reprenant Hölderlin, Heidegger pouvait écrire : « Plein de mérites, c’est pourtant poétiquement que l’homme habite la terre ». Puissent nos présents « Pas » demeurer dans l’ouvert irradiant de l’Être, pour qu’advienne l’effectivité historique du Concept Vivant.
Jean Gobert TANOH
MARTIN HEIDEGGER, CRITIQUE DE L’ONTOLOGIE CLASSIQUE
LE SUBSTANTIALISME CARTÉSIEN À L’ÉPREUVE DE L’ONTOLOGIE HEIDEGGÉRIENNE
Marcel Silvère Blé KOUAHO
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
kouahoblemarcelsilvere@yahoo.fr
Résumé : Une lecture de l’ontologie fondamentale de Heidegger permet de saisir l’histoire de la philosophie comme celle de l’oubli de la question de l’Être initiée par les penseurs matinaux. Cet oubli dénote d’une confusion indifférenciant l’Être et l’étant à partir de la métaphysique traditionnelle Si la métaphysique cartésienne n’échappe pas à cette critique heideggérienne, cependant, la différence ontologique qu’elle établit entre la substance infinie et la substance finie, (laquelle différence ne laisse pas indéterminé le sens d’être du « sum ») et la mise en évidence des similitudes que présente l’Être heideggérien avec le Dieu de révélation induisent à une remise en question de l’ontologie fondamentale.
Mots-clés : COGITO, MÉTAPHYSIQUE TRADITIONNELLE, ONTOLOGIE FONDAMENTALE OUBLI DE L’ÊTRE, SUBSTANTIALISME.
Cartesian substantialism put to the test of Heideggerian ontology
Abstract : A reading of Heidegger’s fundamental ontology allows us to grasp the history of philosophy as the forgetting of being question initiated by morning thinkers. This oblivion denotes an undifferentiating confusion of to be and being through traditional metaphysics. If Cartesian metaphysics does not escape from this heideggerian criticism, therefore the ontological difference that it establishes between the infinite substance and the finite substance (which difference does not leave undetermined the being sense of the “sum”) and the highlighting of the similarities, that heideggerian being presents with the god of revelation, induce to a questioning of the fundamental ontology
Keywords: COGITO, TRADIONNAL METAPHYSICS, FUNDAMENTAL ONTOLOGY, BEING OBLIVION, SUBSTANTIALISM.
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DIALECTIQUE ET ONTOLOGIE : SENS ET ENJEUX DU PROCÈS HEIDEGGÉRIEN DE LA MÉTAPHYSIQUE
Abou SANGARÉ
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : Le procès, dans le langage courant, désigne le moment où, dans une juridiction, les juges procèdent publiquement à l’instruction contradictoire d’un fait litigieux. Tout comme cette instance judiciaire, Heidegger, dans une explication ouverte avec Hegel dans Questions I et II, procède à une remise en cause de la logique dialectique, expression utilisée par Hegel pour désigner la métaphysique, ouvrant ainsi la voie à un procès de cette discipline. Les questions de fondement se décidant, selon Heidegger lui-même, cette contribution se propose d’analyser les tenants et aboutissants de ce procès, afin de comprendre pourquoi Heidegger qui fonde pourtant sa pensée sur la question de l’être, thème central de la philosophie première, s’est livré à un questionnement qui doit, selon lui, prendre ses distances vis-à-vis de la métaphysique pour aboutir à des conclusions non métaphysiques sur l’être.
Mots-clés : DIALECTIQUE, ONTOLOGIE, PROCÈS DE LA MÉTAPHYSIQUE, ÊTRE, ONTO-THÉO-LOGIE.
Dialectic and ontology: meaning and issues of the Heideggerian process of metaphysics
Abstract: The trial, in everyday language, refers to the moment when, in a court, the judges publicly proceed to the trial of a contentious matter. Like this judicial instance, Heidegger, in an open explanation with Hegel in Questions and I and II, calls into question the dialectical logic, Hegel’s expression of metaphysics, thus paving the way for a process of this discipline. The basic questions deciding, according to Heidegger himself, this contribution proposes to analyze the ins and outs of this process in order to understand why Heidegger, who nevertheless bases his thought on the question of being, the central theme of the first philosophy, has engaged in a questioning which, according to him, must distance himself from metaphysics and lead to non-metaphysical conclusions about being.
Keywords: DIALECTICS, ONTOLOGY, TRIALS OF METAPHYSICS, BEING, ONTO-THEO- LOGY.
Références bibliographiques
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L’HOMO MENSURA DE PROTAGORAS : UNE PROPOSITION MÉTAPHYSIQUE FONDAMENTALE
Kolotioloma Nicolas YÉO
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
nicolasyeo@yahoo.fr
Résumé : L’idée générale qui ressort des interprétations classiques de la théorie protagoréenne de l’homo mensura (homme-mesure) est que celle-ci est l’expression d’un relativisme. Pourtant, à bien la méditer, la théorie de l’homo mensura de Protagoras se révèle être une proposition métaphysique fondamentale. Elle suppose que l’être a un caractère ambivalent et que la vérité est dévoilement, d’une part, et, d’autre part, elle met en exergue l’être-soi de l’homme ainsi que la modération dont celui-ci doit faire preuve dans son approche des étants et de l’être.
Mots-clés : ÊTRE-SOI, MÉTAPHYSIQUE, MODÉRATION, RELATIVISME, VÉRITÉ.
Protagoras’ homo mensura: a fundamental metaphysical proposition
Abstract : According to the classical interpretations of Protagorean theory of homo mensura (man-measure), the main idea is that this one is a relativism expression. Therefore, through its good meditation, Protagoras’s homo mensura theory proves to be a « fundamental metaphysical proposition ». It supposes, on the one hand, that being has an ambivalent character and that the truth mean revealing ; on the other hand, it respectively shows the human’s own-being and the moderation that he has to give the proof as far as his conception of beings and being is concerned.
Keywords: OWN-BEING, METAPHYSICS, MODERATION, RELATIVISM, TRUTH.
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NIETZSCHE ET LA MÉTAPHYSIQUE DE LA PRÉSENCE
Akanis Maxime AKANOKABIA
Université Marien NGOUABI de Brazzaville
Résumé : Ce travail se veut une contribution à la question liée au statut de la métaphysique, car il s’agit de repenser à nouveaux frais, le concept nietzschéen de la métaphysique. La métaphysique se rapporte à un ensemble spécifique de questions philosophiques, qui la distingue essentiellement des autres théories du savoir. Avec Nietzsche, et contrairement à ses prédécesseurs, la métaphysique s’assigne une autre ambition. Elle n’est plus comprise comme la volonté de vérité, la recherche effrénée du Bien, de l’Absolu, etc., mais plutôt la science qui s’occupe du concret, de ce qui est, c’est-à-dire de ce qui est présent. C’est ici, tout le sens du concept nietzschéen de métaphysique de la présence, entendue comme l’expression de ce qui est et non l’objet d’une expression contemplative. Avec Nietzsche, le concept de métaphysique devient tout un programme à exécuter qui placerait l’homme au centre de ce qu’on pourrait appeler ²destin de la métaphysique² .
Mots-clés : MÉTAPHYSIQUE, PRÉSENCE, VÉRITÉ, APPARENCE, VIE.
Abstract: This work is a contribution to the issue related to the status of metaphysics, because it is a matter of rethinking, by new ways, Nietzschean concept of metaphysics. Metaphysics refers to a specific set of philosophical questions, which essentially differs from other theories of knowledge. With Nietzsche, and unlike his predecessors, metaphysics assigns itself another ambition. It is no longer understood as the will to truth, the unrestrained search of the Good, of the Absolute, … but rather the science that deals with the concrete, of what exist, that is to say what is present. It is here, the whole meaning of nietzschean concept of metaphysical presence, understood as the expression of what is and not object of a contemplative expression. With Nietzsche, the concept of metaphysics becomes an entire program to run which would place man at the center of what could be called ²destiny of metaphysics².
Keywords: METAPHYSICS, PRESENCE, TRUTH, APPEARANCE, LIFE.
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MARTIN HEIDEGGER ET NOTRE HUMANITÉ
SOLIDARITÉ ET SOUCI CHEZ MARTIN HEIDEGGER
Pascal Dieudonné ROY-EMA
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
roypascal2007@yahoo.fr / royema@me.com
Résumé: On apprend, avec Heidegger, notamment dans son traité de 1927, que le monde est un réseau de relation : il est le sens. C’est dans ce périmètre que se construisent nos repères et nos références, et si nous pouvons partager repères et références, il faut reconnaître que chaque être humain en est possesseur. C’est ce que Jean-Luc Nancy nommera la singularité. Nous sommes donc invités à faire briller notre singularité dans un souci de l’autre, de notre monde et donc dans une existence solidaire, pour rester authentique en toutes circonstances. Dans le souci, il y a l’idée d’attention, de préoccupation, de sollicitude et cela peut être saisi comme une forme de solidarité: le souci comme ouverture à l’autre et son monde. Dans le souci donc, le Dasein se montre solidaire d’autrui et de son monde.
Mots-clés: ÊTRE, SOUCI, SOLIDARITÉ, DASEIN, ANGOISSE.
Abstract : We learn, with Heidegger, particulary in his treaty of 1927, that the world is a network of relation : it is the sense. It is in this perimeter that our marks and our references are built, and if we can share marks and references, it is necessary to recognize that every human being is an owner. It is what Jean-Luc Nancy will name the singularity. Thus we are invited to make shine our singularity in a concern of other, of our world and thus in a united existence, to remain authentic in any circumstances. In the concern, there is an idea of attention, concern, care and it can be considered as a kind of solidarity : the concern as opening to the other and his world. Therefore in the concern Dasein shows himelf united of other and his world.
Key words : BEING, CONCERN, SOLIDARITY, DASEIN, ANGUISH.
Références bibliographiques
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L’“INSOMNIE” COMME EXPRESSION DU PHILOSOPHER CHEZ EMMANUEL LEVINAS
Romuald Évariste BAMBARA
Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO (Burkina Faso)
Résumé : La phénoménologie allemande à travers celle de Husserl et de Heidegger, selon Emmanuel Levinas, s’est enfermée dans une approche classique de l’être : l’être est ; une compréhension identifiant l’être à lui-même. L’existence humaine s’apparente alors à un poids. La solitude devient une des marques de l’être. Critiquant une telle approche qui caractérise par ailleurs l’état de la société occidentale de l’époque, Levinas révèle que l’être, animé par le bruissement anonyme de l’il y a, refuse de s’enfermer, de se replier sur soi. Cet il y a, ni néant, ni être, menace permanente, suscite l’insomnie ou tient le sujet éveillé. L’éveil, loin d’inciter le sujet à s’abriter dans le même, provoque ce besoin pressant de sortir de ce non-sens ou de soi. Ainsi, Levinas à contrario de l’ontologie contemporaine, insiste sur l’extériorité radicale qui caractérise l’autre et impose à l’être une relation éthique, c’est-à-dire une ouverture à autre que soi.
Mots-clés : INSOMNIE, IL Y A, ÉVASION, PHILOSOPHIE, ÉTHIQUE.
Abstract: According to Emmanuel Levinas, the German phenomenology through Husserl’s and Heidegger’ viewpoints, locked itself in a classic approach of the being: the being is; an understanding identifying the being to himself. Thus, the human existence is similar to a weight. Loneliness becomes one of the signs of the being. Criticizing this approach, which also characterizes the Western society of that time, Levinas reveals that the being, animated by the anonymous rustle of the ‘’there is’’, refuses to shut himself away, to turn inwards. This « there is » neither nothingness, nor being, permanent threat, arouses insomnia or keeps the subject awaken. Awakening, far from encouraging the subject to take shelter in the same, causes this pressing need to get out of this nonsense or the self. Thus, Levinas in contrast to contemporary ontology insists on the radical exteriority that characterizes the other and imposes to the being an ethical relationship, i.e. an opening to another than oneself.
Keywords : INSOMNIA, THERE IS, ESCAPE, PHILOSOPHY, ETHICS.
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PHÉNOMÉNOLOGIE DE L’HUMANITÉ MARIALE. RÉFLEXION A PARTIR DE WHITEHEAD
Séverin YAPO
Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire)
Résumé : Établi sur la thèse husserlienne d’une « sphère primordiale » comme nature commune à l’idéel pour sa réalisation dans le temps, et relevant du champ de la philosophie de la religion, cet article, qui se veut une alternative anthropologique à l’idée contemporaine de la mort de Dieu et l’auto-représentation humaine, voit dans l’idée whiteheadienne d’une nature primordiale relevant de la pluralité théologique, l’argument pour une proposition nouvelle, celle de l’humanité mariale, à la fois comme objectivation naturelle de Dieu et fondement d’une humanité du XXIè siècle amicalement représentative du divin.
Mots clés : WHITEHEAD, VIERGE MARIE, VIRGINITÉ, HUMAIN, PLURALITÉ.
Abstract: Established on the husserlian thesis of a « primordial sphere » as a common nature to the idea of its realization in time, and relevant to the field of the philosophy of religion, this article, which is an anthropological alternative to the idea Contemporary with the death of God and human self-representation, sees in the whiteheadian proposition of a relevant primordial nature of theological plurality, the argument of a new proposition, that of Marian humanity, both as the natural objectification of God and the foundation of a humanity of the 21st century friendly representative of the divine.
Key words: WHITEHEAD, VIRGIN MARY, VIRGIN, HUMAN, PLURALITY.
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