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Respeth 11 2023

Respeth 11 2023

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SOMMAIRE

SOMMAIRE.. 1

POURQUOI HEIDEGGER ?. 3

RÉSUMÉ GÉNÉRAL :  DU SITE DESTINAL DE L’HOMME CONTEMPORAIN.. 9

  1. HEIDEGGER : NAZI, MAIS TOUJOURS PHILOSOPHE.. 13

Dimitri OVENANGA-KOUMOU.. 13

  1. HEIDEGGER ET LA VOCATION HERMÉNEUTIQUE DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE.. 31

Joseph-Igor MOULENDA.. 31

  1. OUBLI DE L’ÊTRE COMME DÉSORDRE ONTOLOGIQUE : ESQUISSE PHÉNOMENOLOGIQUE DE LA DÉVASTATION DU MONDE CHEZ MARTIN HEIDEGGER 45

Zlankouapieu Romuald Icanor SANKO.. 45

  1. ÊTRE ET AVOIR : ENJEUX DU PLEIN ACCOMPLISSEMENT AFRICAIN À LA LUMIÈRE DE LA PENSÉE DE GABRIEL MARCEL.. 61

Moulo Elysée KOUASSI. 61

  1. LA QUESTION DE L’EXISTENCE DE DIEU CHEZ SAINT AUGUSTIN ET SAINT THOMAS 81

Constant Kouassi AKPOUÉ.. 81

POURQUOI HEIDEGGER ?

Dans la langue de sa pensée, Heidegger dit que l’Être est la présence du présent ; cela apparaît comme une explicitation de cette catégorie fondamentale de la métaphysique occidentale. Qu’une Revue scientifique, en terre africaine, soit consacrée à rendre explicite l’intuition du dernier des grands penseurs de l’être, n’implique pas moins une question importante qu’il faudrait immédiatement poser, à savoir : Y a-t-il un intérêt à réfléchir, avec Heidegger, sur le sens et la vérité de l’être, pour des êtres dont l’histoire consciente demeure encore très problématique dans l’imaginaire de beaucoup de blancs ? Cette question, en se la posant, ne s’inscrit nullement dans un conflit d’identité ou de capacité historiale ; elle vise plutôt à scruter un implicite qui structure tout grand philosopher : Le rapport de la conscience aux choses. Ce rapport ne peut être esquivé, sous aucun prétexte, pour autant que l’homme, quelle que soit sa particularité individuelle ou collective, ne peut pas ne pas comprendre que le point de départ de l’histoire s’inscrit nécessairement dans ce rapport. Au fond, au-delà de tout ce qui nous préoccupe, et qui peut parfois devenir objet de divergences ou même de conflits, souvent violents, il y a une chose qui nous détermine tous : nous sommes des consciences devant les déterminités. Et la conscience ne parvient à sa vérité que dans une appartenance essentielle au Concept, comme expression d’une pensée substantielle de son rapport aux choses. De ce point de vue, ce rapport n’est pas un simple rapport, il est si complexe qu’une complaisance à son égard influence négativement la marche dans l’histoire de tout peuple. La qualité de cette marche est donc déterminée par le sérieux et la profondeur avec lesquels l’on se pense dans la présence des choses. Husserl, dont la philosophie est une réappropriation de la conscience, dans son essentialité, nous permet de bien comprendre qu’une pensée rigoureuse ne peut se dispenser de la vérité de la conscience dans son rapport aux choses, d’où la nécessité fondamentale de l’époché, pour accéder au moi transcendantal ; car une conscience encombrée de psychologisme rend impossible l’effectivité exacte de celle-ci dans son intentionnalité. C’est la réduction transcendantale pour désobstruer le rapport de la conscience aux choses. Le retour aux choses ou « droit aux choses mêmes », comme idée substantielle de la phénoménologie husserlienne, est le retour de la conscience dans sa pureté originelle, seul gage pour rendre la philosophie, c’est-à-dire le Concept, à sa propre vérité, comme science rigoureuse. Le célèbre article de Husserl, La philosophie comme science rigoureuse, paru en 1911, en donne la pleine mesure. La conscience, étant le fondement premier de toute science, y compris la philosophie en premier, exige d’être pensée en soi, comme conscience transcendantale, pour donner au Concept toute la rigueur de son sens. La rigueur de la conscience, qui s’atteste dans la réduction phénoménologique, chez Husserl, traverse toute la pensée de Heidegger, qui l’enracine dans une expérience plus originaire et plus originelle, celle avec l’Être.

Quand j’essaie de faire attention à mon environnement, je vois les choses-ci : à côté, un chien ; devant, une maison ; plus loin, un arbre. Ces choses seraient-elles spécifiques à mon environnement ? N’existeraient-elles pas ailleurs, à des milliers de kilomètres, à Katmandou au Népal par exemple ? Si, mais, on pourrait objecter que mon chien n’est pas le même que celui du Népal. Sans doute, mais si on admet que mon chien et celui du Népal sont des chiens, il va sans dire que quelque chose de plus profond les détermine, de telle manière que, malgré l’évidente différence, ils demeurent des chiens. Notre pensée, qui les identifie comme chiens, se pose sur la réalité non perceptible, qui, dans sa profonde vérité, permet de déterminer le chien comme chien. Ainsi, la pensée, dans son propre, se conçoit et se fonde sur le non-présent, en tant qu’il est l’indéterminable dans le déterminable-présent. Et c’est là toute la pertinence du penser heideggérien. La tentation constante d’être envahie par le présent empêche la pensée de se déployer rigoureusement pour donner à la conscience toute sa vérité.

Penser la pensée, dans son appartenance à l’Être, pour la préserver de l’invasion de l’étance, reste une idée éternellement « jeune », qui implique, sans aucun doute, la préservation absolue de l’identité essentielle, sans laquelle, de toute évidence, rien de substantiel ne peut être construit, pour donner à l’histoire la plénitude de son sens. La question de la pensée est une question d’humanité qui ne saurait être circonscrite à une aire géographique, dans la mesure où le rapport de l’homme à l’étant est un rapport qui structure, de manière universelle, son existence.

Mieux, penser la pensée pour mieux la rendre à l’homme, afin de lui permettre d’habiter, dans la sérénité, la terre, où l’étant devient absolu, exige une méditation sur le rapport de l’étant à l’être. Un rapport dans lequel l’étant est dans la dépendance de l’être. L’étant se structure dans une articulation nécessaire à l’être. Cette nécessaire articulation, disloquée par la métaphysique de l’étant, est si absolue que Heidegger, dès les premières pages de Être et Temps, fait le constat suivant : « La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli » (Heidegger, 1986, p. 25). Mais au préalable, il n’a pas manqué de dire ceci, dont la gravité permet de mesurer tout l’enjeu de sa pensée : « Avons-nous une réponse à la question de savoir ce que nous voulons dire exactement avec le mot « étant » ? Aucunement. Dans ces conditions, il faut poser en termes tout à fait neufs la question du sens de l’être. Sommes-nous donc seulement aujourd’hui encore dans l’aporie de ne pas entendre l’expression « être » ? Aucunement. Dans ces conditions, le plus urgent, c’est de réveiller une entente pour le sens de cette question » (Idem, p. 21). Il s’agit, alors, de pousser à fond le rapport de l’homme au savoir pour qu’advienne et se maintienne, sans prétention et de manière définitive, son essence pensante, si tant est que rien ne peut possibiliser son existence, s’il n’est radicalement établi dans cette essence. Car, dit Heidegger, « savoir est la sauvegarde pensante de la garde de l’être » (Heidegger, 1958, p. 420). Cette garde, dans laquelle l’homme accomplit la splendeur de son humanité, n’est spécifique à aucune race et à aucun continent, sauf si nous admettions que la pensée ne serait pas le propre de l’homme. Pour avoir commencé en Grèce que Hegel qualifie comme le point lumineux de l’histoire universelle, la pensée, dans l’appartenance à son essence, comme objectivation rigoureuse et profonde de la conscience dans son rapport aux choses, déborde la seule Grèce, et poursuit sa marche radicale, vers le lieu essentiel où l’homme est pleinement chez soi. Peu importe la manière avec laquelle elle parvient aux peuples, qu’elle soit embastillée dans un impérialiste colonial, il nous faut l’accueillir, avec grande sérénité et lui permettre de croître dans le secret de sa puissance, qui rend puissants les peuples qui savent la contempler dans la splendeur de sa vérité. Là se trouve, paradoxalement, l’authentique chemin de liberté, parce qu’est libre celui qui se déploie dans la Libre-Étendue, où sont brisées les idoles de nos excessifs particularismes et de nos primitivités, dénuées du saut qualitatif, nous empêchant ainsi de saisir la profondeur de cette idée heideggérienne : Là où croît le péril, là aussi croit ce qui sauve. Ce qui suppose qu’il faut, dès la départ, écarter, avec une violence salutaire, l’idée d’une rationalité multiple, comme si « un plus un » feraient, ailleurs, autre chose que deux. La logique n’est ni culturelle, ni géographique, c’est le propre de l’esprit ; et l’essence de l’esprit, selon Hegel, réside dans la conscience de soi, conscience parvenant à son contenu comme Concept. Ce Concept est grec ; et nous sommes, pour ainsi dire, des Grecs. Serait-il scandaleux d’affirmer pareille chose ? Ne faudrait-il pas revendiquer autre chose que la grécité, surtout que la Grèce actuelle est menacée de faillite, en raison de profondes difficultés économiques ? Aussi, pourrions-nous ironiser, de telles difficultés ne trouvent-elles pas leur fondement ultime dans un certain « oubli de l’Être » ? Y a-t-il donc, aujourd’hui, honneur à défendre une filiation grecque ? En bonne logique non, pas pour des raisons de grandeur économique, mais parce qu’un Noir ne peut pas avoir un ancêtre Blanc, alors qu’il n’est pas mulâtre. Alors que veut dire « nous sommes des Grecs ? » Heidegger nous donne l’excellente réponse : « Grec, cela ne signifie pas, dans notre façon de parler, une propriété ethnique, nationale culturelle ou anthropologique ; grec est le matin du destin sous la figure duquel l’être même s’éclaircit au sein de l’étant et en laquelle une futurition de l’homme, qui en tant qu’historial, a son cours dans les différents modes selon lesquels elle est maintenue dans l’être ou délaissée par lui, sans pourtant jamais en être coupée » (Heidegger, 1958, p. 405).

Dans une Afrique, où, cinquante ans après les indépendances, pour la plupart des pays francophones, la question des États modernes demeure encore très préoccupante, en raison d’une appropriation non encore suffisante des concepts fondamentaux comme la justice, la liberté, l’égalité sociale et politique, la rigueur au travail, concepts à partir desquels se construit tout peuple viable, une entreprise comme RESPETH, qui s’élève dans l’horizon de la pensée de l’Être, n’apparaît pas seulement juste mais nécessaire. Bien qu’elle ne soit pas au centre de la pensée heideggérienne, la pensée des valeurs et des exigences sociales et politiques ne sous-tend pas moins la question de l’être, si tant est que c’est au cœur d’un humanisme fondamental, comme pensée de l’Être, qu’émerge et acquiert consistance tout humanisme classique, comme valeurs humaines à promouvoir et à sauvegarder. Il serait, alors, prétentieux, de croire que la présente œuvre donnerait des directives à l’action de l’homme ; une telle orientation est, simplement, aux antipodes de la pensée de Martin Heidegger, pour qui la pensée est en soi une action radicale : « La pensée n’est pas d’abord promue au rang d’action du seul fait qu’un effet sort d’elle ou qu’elle est appliquée à La pensée agit en tant qu’elle pense. (…) Cet agir est probablement le plus simple en même que le plus haut, parce qu’il concerne la relation de l’homme à l’être » (Heidegger, 1966, p. 68). Pourquoi ? Parce que là où existent des distorsions sociales et des horizons historiques confus, la pensée ne s’est pas suffisamment accomplie, c’est-à-dire l’homme n’a pas, avec vigueur et rigueur, porté son essence dans la seule relation, qui lui donne tout son contenu, celle de l’être. Ne serait-il pas alors bien étonnant de montrer, avec rage, comme l’a fait Emmanuel Faye, que Heidegger est un théoricien du nazisme ? Ne serait-il pas tout à fait injuste d’enfermer le grand penseur de l’Être dans une courte séquence de sa vie (Six mois rectorat sous le régime des nazis), alors même que la commission de « Dénazification » (France-Lanord, 2013, p. 320-326) a eu lieu depuis le courant des années 1945-1949 ! L’image intime du philosophe de la Forêt Noire, qu’il convient tenir fermement, détruit radicalement le rectorat sous le nazisme. Pas plus que son génie de pensée ne peut être discrédité par son histoire d’amour avec Hannah Arendt, pas plus les accointances avec le nazisme ne peuvent remettre en cause la profondeur de pensée du dernier des grands philosophes de notre temps. Le génie n’est pas Dieu ; et la grande intelligence n’est pas canonisation.

« Le présent est le rassemblement ordonnant et sauvegardant du présent en sa présence chaque fois séjournante » (Heidegger, 1958, p. 444). Apprendre à sauvegarder le présent pour habiter, de manière sereine l’humanité de l’homme, telle est, pour nous, l’absolue nécessité inesquivable. Apprendre à penser, avec Martin Heidegger, ce n’est pas apprendre à spéculer, c’est apprendre à être radicalement humain ; seul l’humain pense en poète, c’est-à-dire la pensée qui élève l’homme dans une harmonie intégrale, parce que pensée de l’Être. Alors, reprenant Hölderlin, Heidegger pouvait écrire : « Plein de mérites, c’est pourtant poétiquement que l’homme habite la terre ». Puissent nos présents « Pas » demeurer dans l’ouvert irradiant de l’Être, pour qu’advienne l’effectivité historique du Concept Vivant.

 

Jean Gobert TANOH

 

RÉSUMÉ GÉNÉRAL :  DU SITE DESTINAL DE L’HOMME CONTEMPORAIN

Quelle peut bien être, aujourd’hui, d’un regard essentiel porté sur la marche de l’homme dans le temps, la détermination de son lieu de séjour ? Autrement dit, comment situer l’ek-sistant, relativement à sa patrie ou Heimat ? Les différentes réflexions, rassemblées dans ce onzième numéro de la revue Respeth, en apparence éparses, répondent, d’un trait unificateur, à cette préoccupation fondamentale.

Et dans le contexte global du philosopher heideggérien, la réponse essentielle est bel et bien celle exprimée dans Sein und Zeit, cette philosophia perennis qui, en cette phrases inaugurale, donne à penser ce qui suit : « La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli » (M. Heidegger, 1986, p. 25). L’au-jour-dhui de notre humanité est en oubli de son essence ou de son lieu destinal, c’est-à-dire aussi de sa patrie. Qu’est-ce, en effet, que l’Homme, celui qui est en cause ? À quelle exigence répond l’essence de l’humanité ? Et, de prime abord, qui est Martin Heidegger, penseur à partir de qui s’élaborent ces réflexions ?

Avec « Heidegger : nazi, mais toujours philosophe », analyse proposée par Dimitri OVENANGA-KOUMOU, la réponse ne souffre d’aucun doute : « L’histoire actuelle de la philosophie a fait de Heidegger un nazi de renom. (…) Mais il reste philosophe de haute facture ». Si, avec ce penseur, « une cinquième manifestation des Temps Modernes est le dépouillement des dieux (Entgötterung) » (1962, p. 70), son dialogue constant, dans son interprétation des grands auteurs de l’histoire de la philosophie, depuis les matinaux grecs, aux modernes, en passant par les médiévaux, n’exprime-t-il pas cette unique pensée qu’est la pensée de l’Ȇtre ? Cette pensée qui accorde à la Seinsfrage toute sa valeur est, sans nul doute fondamentale, surtout dans un monde aujourd’hui en quête de sens. Sous cet angle précis, comment comprendre que depuis toujours, à partir même de l’accointance de Heidegger avec le parti nazi d’Adolph Hitler, le National-Socialisme, nombre d’auteurs lui dénient toute philosophie ? C’est bien le cas d’Emmanuel Faye, avec son livre Heidegger, introduction du nazisme dans la philosophie (2005, 567p). L’économie de pensée laissée par le philosophe allemand, à toute l’humanité, la profondeur de ses réflexions sur la Technique, la Mort, le Temps, le Néant, etc., sans oublier son riche dialogue avec les grands penseurs de l’histoire de la philosophie, a beau lui reprocher son nazisme, lui-même problématique, n’autoriseraient nullement de lui nier sa grandeur philosophique !

D’ailleurs, Martin Heidegger ne se dévoile-t-il pas l’un des grands philosophes de son temps, relativement à l’entreprise phénoménologique et herméneutique ? La Phénoménologie susmentionnée doit, en priorité, être saisie, selon Joseph-Igor MOULENDA, comme une activité pensante qui, dans l’optique heideggérienne, « n’aura jamais cessé de revendiquer, pour elle, la vocation à préparer l’espace qu’on peut qualifier d’herméneutique, d’où l’être est convoqué en vue de son propre questionnement d’après sa différence d’avec l’étant » En un tel sens, à partir de Husserl, initiateur de la Phénoménologie, et au-delà de ce maître à penser de Martin Heidegger, ce disciple émérite aura investi cette science d’un sang nouveau : l’ontologie fondamentale. Quêter en direction de l’Ȇtre, pour ne dire que la vérité de l’Ȇtre, ne pas se laisser capter par cela qui clignote, mais bien plutôt par ce qui fait clignoter ou, ce qui revient au même, par cela même qui, en ne se laissant pas voir, fait voir les choses en elles-mêmes, telle est, en substance, la vocation intrinsèque de la phénoménologie heideggérienne. Elle est herméneutique ! « Heidegger et la vocation herméneutique de la phénoménologie », tel a été, sous ce titre, l’essentiel de la réflexion de Joseph-Igor MOULENDA.

Il va sans dire qu’au regard de cette vocation, l’attention de l’homme est attirée sur les « apparences » souvent trompeuses. Ȇtre humain, cette simple détermination devrait témoigner de l’intime relation de l’homme à l’être. Malheureusement, sous l’égide de la technoscience moderne, l’Homme contemporain, obnubilé par le consumérisme qui lui est apprésenté comme mode d’être authentique, finit par céder l’Ȇtre, par le congédier. C’est tout le sens de la réflexion exprimée dans « Oubli de l’être comme désordre ontologique : esquisse phénoménologique de la dévastation du monde chez Martin Heidegger ».  Pour l’auteur de cette réflexion, Romuald SANKO, « la technique moderne rend le travail mécanique, identique et avilissant, avec, pour seul objectif, l’accumulation des biens pour la sécurité sociale. Mais en vérité, la technique n’offre qu’un statut désocialisé, désolidarisé de la nature humaine ».  À partir d’une approche phénoménologique, l’auteur en vient à montrer que sous le sceau de la science et de la technique moderne, en passe de dévaster le monde, l’Homme contemporain est tombé dans une misère ou pauvreté ontologique. Il n’habite plus le monde authentiquement, tant l’aliénation exprime son déracinement, son errance vis-à-vis de son lieu de séjour.

Et dans une orientation de pensée marcellienne, tout le sens de l’exister se détermine dans la dialecticité pensante de l’Ȇtre et de l’Avoir. C’est implicitement l’idée qui ressort de la réflexion sur « Ȇtre et Avoir : Enjeux du plein accomplissement africain à la lumière de la pensée de Gabriel Marcel ». Aux yeux donc de Moulo Élysée KOUASSI, « la vie est une réalité identifiée à la conscience d’une plénitude d’être. Mais la poursuite de cette plénitude, mal négociée, peut conduire à un mal-être, c’est-à-dire à l’inquiétude, à l’insécurité de l’être ; car l’exigence d’être peut s’exténuer, se détériorer si une intuition véritable de la dialectique de l’Avoir et de l’Ȇtre n’est pas assimilée ». L’être humain, à l’apercevoir, et même à le questionner, se saisit comme une réalité duelle, ce qui veut dire, à la fois Corps et Âme. Ainsi, à la question « qui suis-je ? », répond cette entente : je ne suis pas seulement Corps, mais aussi et surtout Âme. En une telle entente, lorsqu’il nous est donné de voir, aujourd’hui, ici et ailleurs, en Afrique et dans le monde entier, des êtres humains manifester toute leur essentialité en leur masse corporelle, voire en ce qu’ils possèdent comme biens matériels, comprend-on aisément qu’ils ont perdu de vue l’essentiel confessé dans l’Ȇtre, en leur réalité spirituelle ou ontologique.

C’est bien l’Ȇtre en question, invitation de tout homme à séjourner dans sa proximité, qui prend le nom de Dieu chez Saint Augustin et Saint Thomas. De « la question de l’existence de Dieu chez Saint Augustin et Saint Thomas », analyse proposée par Constant Kouassi AKPOUÉ, ne nous est-il pas exprimé, dans le cadre général de ce numéro, qu’il en est, en fin de compte, de l’existence de Dieu comme du site destinal de l’Homme ? Combien reconnaître qu’« au Moyen-âge, où l’on voit l’émergence de la pensée chrétienne, Dieu est perçu comme l’expression de la vérité, mieux, identifié à la vérité ». Saisir Dieu comme vérité, c’est le penser, à tout point de vue, comme Celui grâce à qui l’errance vis-à-vis de la Patrie cesse. Le chemin du plein accomplissement humain n’est effectif qu’en Dieu ! Comment ne pas en déduire, aux dires même de Constant Kouassi AKPOUÉ, que « la révélation chrétienne a bouleversé la vision que l’on pouvait avoir de la vie intérieure, de la destinée humaine et de l’absolu » !

De l’Ȇtre à Dieu, ne sommes-nous pas dans la logique du Même ? La métaphysique de l’Ȇtre, entendue aussi comme méditation de l’Ȇtre transcendant ou du Dieu des chrétiens – que les philosophes eux-mêmes n’ont de cesse à questionner ou à méditer, c’est bien-là le destin de la Pensée.

 

1. HEIDEGGER : NAZI, MAIS TOUJOURS PHILOSOPHE

Dimitri OVENANGA-KOUMOU

Université Marien Ngouabi (République du Congo)

dimitriovenanga@gmail.com

Résumé : L’histoire actuelle de la philosophie a fait de Heidegger un nazi de renom. Nous voudrions à travers cette réflexion questionner les motifs qui ont conduit ce philosophe à adhérer à ce parti détestable par les idées qu’il défendait. Elle acte le statut nazi de Heidegger tout en soulignant néanmoins, qu’il a peut-être été poussé par la force irrésistible de la politique dont on sait qu’elle a ses propres réalités. Il s’y est, au bout du compte, enraciné. Mais il reste philosophe de haute facture en dépit de ce statut combien décevant, car si son rapport avec les autres est noir, on ne peut pas pour autant le laisser tomber.

Mots-clés : GRANDEUR PHILOSOPHIQUE, NAZISME, PHÉNOMÉNOLOGIE, PHILOSOPHE.

HEIDEGGER: NAZI, BUT ALWAYS A PHILOSOPHER

Abstract : The current history of philosophy has made Heidegger a renowned Nazi. We would like, through this thought, question the motives that led this philosopher to join this detestable party for the ideas he defended. It acknowledges Heidegger’s Nazi status while nevertheless emphasizing that he may have been pushed by the irresistible force of politics, which we know has its own realities. Eventually, he rooted there. But he remains a philosopher of high quality despite this disappointing status, because, if his relationship with others is dark, we cannot let him down.

Keywords: PHILOSOPHICAL GREATNESS, NAZISM, PHENOMENOLOGY, PHILOSOPHER.

Références bibliographiques

DENUIT Renault, 2004, Heidegger et l’exacerbation du centre. Aux fondements de l’authenticité nazie, Paris, L’Harmattan, 341 p.

FARIAS Victor, 1987, Heidegger et le nazisme, trad. Myriam BENARROCH, Jean-Baptiste GRASSET, Paris, Verdier, 332 p.

FEDIER François, 1988, Heidegger : anatomie d’un scandale, Paris, Robert Laffont, 241 p.

HAAR Michel, 2000, « La lecture heideggérienne de Nietzsche », in L’Herne Nietzsche, Paris, pp. 263-276.

HEGEL Georg Wilhelm Friedrich, 1940, Principes de la philosophie du droit, tr. f. André KAAN, Paris, Gallimard, 380 p.

HEIDEGGER Martin, 2018, Réflexions II-VI. Cahiers noirs (1931-1938), tr. F. François Fédier, Paris, Gallimard, 535 p.

KANT Emmanuel, 1978, Fondements de la métaphysique des mœurs, trad. Victor DELBOS, Paris, Delagrave, 210 p.

LEVINAS Emmanuel, 1982, Éthique et infini, Paris, Fayard/France Culture, 121 p.

NIETZSCHE Friedrich, 1983, Ainsi parlait Zarathoustra, trad. Georges-Arthur Goldschmidt, Paris, LGF, 410p.

PAYEN Guillaume, 2016, Martin Heidegger. Catholicisme, révolution, nazisme, Paris, Perrin, 678 p.

PLATON, 1998, Le Banquet, trad. Bernard et Renée PIETTRE, Paris Nathan, 168 p.

 

2. HEIDEGGER ET LA VOCATION HERMÉNEUTIQUE DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE

Joseph-Igor MOULENDA

ENS de Libreville (Gabon)

moulendajigor@gmail.com

Résumé : L’activité pensante que représente la philosophie heideggérienne n’aura jamais cessé de revendiquer, pour elle, la vocation à préparer l’espace qu’on peut qualifier d’herméneutique, d’où l’être est convoqué en vue de son propre questionnement d’après sa différence d’avec l’étant. Cet article entend décrire cet espace herméneutique qui n’est rien d’autre que l’existence, celle de l’être-au-monde du Dasein dans son auto-compréhension aussi bien implicite qu’explicite. L’objectif est de montrer comment Heidegger, dans sa pratique articulée de la phénoménologie à l’herméneutique, réinvente la phénoménologie dans son rôle de restauration et de restitution du sens de l’être, depuis la compréhension que le Dasein a de son existence, une existence à la fois dissimulée à elle-même et inquiète, donc en quête du sens d’être qui est le sien.

Mots-clés : DASEIN, HEIDEGGER, HERMÉNEUTIQUE, PHÉNOMÈNE, PHÉNOMÉNOLOGIE.

HEIDEGGER AND THE HERMENEUTICAL VOCATION              OF PHENOMENOLOGY

Abstract : The thinking activity represented by Heideggerian philosophy has never ceased to claim for itself the vocation of preparing the space that can be described as hermeneutic, from which being is summoned in view of its own questioning according to its difference from being. The aim of this article is to describe this hermeneutic space, which is nothing other than existence, the one of Dasein’s being-in-the-world, in his self-understanding, both implicit and explicit. The aim is to show how Heidegger, in his practice articulated from phenomenology to hermeneutics, reinvents phenomenology in its role of restoring and restituting the sense of being, beginning the understanding that Dasein has of its existence, an existence at once concealed from itself and restless, thus in search of its own sense of being.

Keywords: DASEIN, HEIDEGGER, HERMENEUTICS, PHENOMENON, PHENOMENOLOGY.

Références bibliographiques

CARON Maxence, 2005, Introduction à Heidegger, Paris, Ellipses, 94 p.

COURTINE Jean-François, 1990, Heidegger et la phénoménologie, Paris, Vrin, 405 p.

DUBOIS Christian, 2000, Heidegger. Introduction à une lecture, Paris, Seuil, 363 p.

HEIDEGGER Martin, 1985a, Être et Temps, trad. Emmanuel MARTINEAU, Édition numérique hors-commerce, 355 p.

HEIDEGGER Martin, 1985b, Les problèmes fondamentaux de la phénoménologie, trad. Jean-François COURTINE, Paris, Gallimard, 424 p.

HEIDEGGER Martin, 1976, Questions IV, trad. Jean BEAUFRET, Claude ROËLS, Paris, Gallimard, pp. 191-488.

HUSSERL Edmund, 1970, Idée de la phénoménologie, trad. Alexandre LOWIT, Paris, PUF, 136 p.

HUSSERL Edmund, 1950, Idées directrices pour une phénoménologie, trad. Paul RICŒUR, Paris, Gallimard, 567 p.

HUSSERL Edmund, 1961, Recherches logiques 2, première partie, Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance, trad. Hubert ELIE, Arion L. KELKEL, René SCHÉRER, Paris, PUF, 288 p.

KANT Emmanuel, Dissertation de 1770, 2007, trad. Arnaud PELLETIER, Paris, Vrin, 216 p.

RICŒUR Paul, 1986, Du texte à l’action. Essais d’herméneutique II, Paris, Seuil, 452 p.

RICŒUR Paul, 1985, Temps et récit 3. Le temps raconté, Paris, Seuil, 533 p.

SOUCHE-DAGUES Denise, 1993, « La lecture husserlienne de Sein und Zeit », in Husserl Edmund, Notes sur Heidegger, trad. Didier FRANCK, Paris, Minuit, p. 119-152, 152 p.

3. OUBLI DE L’ÊTRE COMME DÉSORDRE ONTOLOGIQUE : ESQUISSE PHÉNOMENOLOGIQUE DE LA DÉVASTATION DU MONDE CHEZ MARTIN HEIDEGGER

Zlankouapieu Romuald Icanor SANKO

Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire)

sankoromuald@gmail.com

Résumé : La Seinsvergessenheit, traduite communément, tant bien que mal, par l’oubli de L’ETRE, est un fait en terre heideggérienne qui permet de diagnostiquer le présent du monde comme la manifestation tangible de la pauvreté et de la misère spirituelle de l’être humain. L’homme est devenu pauvre, car encombré par les étant, il ne trouve plus séjour en lui. Il est quotidiennement plongé dans une sorte de désordre qui le fait prendre l’Être pour l’étant et l’étant pour l’Être ; d’où l’idée de désordre ontologique. Dans pareille circonstance, l’habitation, dans son rapport mutuel à son concept, devient, plus que jamais, l’authentique chemin de recueillement pour une re-assomption du monde à son lieu destinal.

Mots-clés : HABITATION, OUBLI DE L’ÊTRE, RECUEILLEMENT.

OBLIVION OF BEING AS ONTOLOGICAL DESORDER: A PHENOMENOLOGICAL SKETCH OF THE WORLD DESTRUCTION WITH MARTIN HEIDEGGER

Abstract : Seinsvergessenheit, commonly translated as the oblivion of Being, is a heideggerian fact that allows us to describe the world’s present as the tangible manifestation of the poverty and spiritual misery of the human being. Man has become poor because, encumbered by all the other beings, he can no longer find a dwelling place within himself. Every day, he is plunged into a kind of disorder that makes him mistake Being for Being and Being for Being; hence the idea of ontological disorder. In such circumstances, the dwelling, in its mutual relationship to its concept, becomes, more than ever, the authentic path of recovery for a re-assumption of the world in its destined place.

Keywords: DWELLING, OBLIVION OF BEING, REMINDER.

Références bibliographiques

DALSUET Anne, 2010, Philosophie et écologie, Paris, Gallimard, 225 p.

DIBI Kouadio Augustin, « Préface » in OUATTARA Seydou, 2006, Quel chemin vers une patrie en Afrique ? Abidjan, UCAO, p. 3-4/129 p.

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HEIDEGGER Martin, 1983, Lettre sur l’humanisme, trad. Roger MUNIER, Paris, Aubier Montaigne, 190 p.

HEIDEGGER Martin, 1966, Questions III et IV, trad. Jean BEAUFRET, François FÉDIER, Julien HERVER, Jean Luxerois, Roger MUNIER, André PREAU et Claude ROELS, Paris, Gallimard, 459 p.

HEIDEGGER Martin, 1992, Séjours. Aufenhalte, trad. François VEZIN, Paris, Rocher, 112 p.

KOFFI Koffi Alexis, 2021, « Onto-théologie et oubli de l’Être : Pour une ré-visitation du concept », in Le cahier philosophique d’Afrique, n° 020, p. 49-63.

KOUAKOU Antoine, 2013, « Ontologie de la paix », in Revue Le Korè, Abidjan, EDUCI, 21 p.

MARCEL Gabriel, 1991, Les Hommes contre l’humain, Paris, Universitaires, 171 p.

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SERVIGNE Pablo et STEVENS Raphaël, 2015, Comment tout peut s’effondrer ?, Paris, Seuil, 264 p.

TANOH Jean Gobert, 2007, Être comme le recueilli en soi : Essentialité du philosopher heideggérien (Thèse de doctorat d’État en philosophie) Bouaké, UAO, 530 p.

TANOH Jean Gobert, 2014, Hegel, le pur penseur de l’Afrique : Essai sur le devenir de l’être africain, France, Edilivre, 159 p.

TANOH Jean Gobert, 2021, L’adultère et l’Etat dans son concept : Éloge de l’unité ontologique, Orthez, Libris, 131 p.

TROVATO Vincent, 2008, Le concept d’être-au-monde chez Heidegger, Paris, L’Harmattan, 111 p.

 

4. ÊTRE ET AVOIR : ENJEUX DU PLEIN ACCOMPLISSEMENT AFRICAIN À LA LUMIÈRE DE LA PENSÉE DE GABRIEL MARCEL

Moulo Elysée KOUASSI

Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)

landrewkoua91@gmail.com

Résumé : La vie est une réalité identifiée à la conscience d’une plénitude d’être. Mais la poursuite de cette plénitude, mal négociée, peut conduire à un mal-être, c’est-à-dire à l’inquiétude, à l’insécurité de l’être ; car l’exigence d’être peut s’exténuer, se détériorer si une intuition véritable de la dialectique de l’Avoir et de l’Etre n’est pas assimilée. Selon la phénoménologie marcellienne, la tragédie de l’Avoir explique mieux la véritable mutilation dans le développement de l’homme et de la société. Dès lors, cette réflexion sur le mal-être en Afrique, à partir d’une approche phénoménologique et critique, déconstruit la mauvaise signification rattachée à l’Avoir et se propose de penser une éthique de l’être-au-monde susceptible de rendre les Africains responsables et de contribuer à la création d’un environnement éthique et politique durable.

Mots-clés : AVOIR, DÉVELOPPEMENT, ÉTHIQUE, ÊTRE, HUMANISME.

BEING AND HAVING: THE CHALLENGES OF AFRICAN FULFILLMENT IN THE LIGHT OF GABRIEL MARCEL’S THOUGHT

Abstract : Life is a reality identified with the awareness of a fullness of being. But the pursuit of this plenitude, badly negotiated, can lead to mal-being, i.e. the anxiety and insecurity of being; because the demand to be can become exhausted, can deteriorate if a true intuition of the dialectic of Having and Being is not assimilated. According to Marcellian phenomenology, the tragedy of Having explains bestly the real mutilation in the development of human and society. Based on a phenomenological and critical approach, this reflection on ill-being in Africa deconstructs the bad meaning attached to Having, and sets out to devise an ethic of being-in-the-world that can make Africans responsible and contribute to the creation of a sustainable ethical and political environment.

Keywords: HAVING, DEVELOPMENT, ETHICS, BEING, HUMANISM.

Références bibliographiques

BANABA Sambo, 2017, Pour une société juste et fraternelle : Penser l’Altérité Au-delà de l’Être, Abidjan, Presses de l’ITCJ, 173 p.

BUBER Martin [1935], 1938, Je-Tu, trad. Geneviève BIANQUIS, Paris, Éditions Montaigne, 172 p.

CHEVALIER Jacques, 1938, La vie morale et l’au-delà, Paris, Flammarion, 215 p.

DE CORTE Marcel, 1935, « L’ontologie existentielle de Gabriel Marcel », in Revue néoscolastique de philosophie, 38e année, Deuxième série, n° 48, p. 470-500.

Conflits actuels et culture de la paix, 1997, Acte du colloque d’Abidjan, Abidjan, PUCI, 455 p.

ERHARD Ludwig, 1959, La prospérité pour tous, trad. Francis BRIERE, Paris, Plon, 170.

KOUAKOU Antoine, 2010, « Avoir et Être : enjeux des crises en Afrique », in Annales de l’Université de Ouagadougou, Série A, vol. 011, pp. 247-268.

MARCEL Gabriel, 1967, Essai de philosophie concrète, Paris, NRF/ Gallimard, 382 p.

MARCEL Gabriel, (1928-1933) 1968, Être et avoir. Journal métaphysique, Paris, Aubier-Montaigne, 221 p.

MARCEL Gabriel, 1964, La dignité humaine et ses assises existentielles, Paris, Aubier-Montaigne, 221 p.

MARCEL Gabriel, 1951, Le mystère de l’être. I. Réflexion et mystère, Paris, Aubier-Montaigne, 237 p.

MERIAUX Suzanne, 2010, « Être et avoir », Dossier in Dialogue, n° 264, Journal de la paroisse Saint-Gilles de Bourg-la-Reine, in https://264_être_et _avoir_extrait_web_2.pdf, pp. 1-11, consulté le 20 Juin 2018 à 10 h 05 min.

N’JOH MOUELLÈ Ebenezer, 2011, De la médiocrité à l’excellence. Essai sur la signification humaine du développement, Yaoundé, Éditions Clé, 117 p.

PLOURDE Simone, « La personne : Quelques critères de sa valeur », in https://Dalloz2012p.7-14.pdf, consulté le 14/8/ 2017 à 11 h 25 min.

PRERA FLORES Anaisabel & VERMEREN Patrice, 2001, Philosophie de la culture de la paix, préface de Federico MAYOR, Paris, L’Harmattan, 86 p.

VETÖ Miklós, 2014, Gabriel Marcel. Les grands thèmes de sa philosophie, Paris, L’Harmattan, 126 p.

 

5. LA QUESTION DE L’EXISTENCE DE DIEU CHEZ SAINT AUGUSTIN ET SAINT THOMAS

Constant Kouassi AKPOUÉ

Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)

akpouekconstant@gmail.com

Résumé : Le christianisme n’est pas une philosophie. La philosophie fait appel à la raison, tandis que le christianisme a trait à la croyance, donc à la foi. Au Moyen-Âge, où l’on voit l’émergence de la pensée chrétienne, Dieu est perçu comme l’expression de la vérité, mieux, identifié à la vérité. Saint Augustin et Saint Thomas ont, à des époques différentes du Moyen-Âge, tenté de justifier le monothéisme au détriment du polythéisme en se servant soit de la théorie platonicienne des idées, soit de la théorie aristotélicienne du premier moteur. Si ces médiévistes n’ont pas expulsé, du champ de la connaissance, la raison, force est de reconnaître que la question de l’existence de Dieu a été abordée à la lumière de celle du rapport entre la foi et la raison. Ainsi, alors que Saint Augustin focalise son attention sur la foi dans la connaissance de Dieu, en revanche, Saint Thomas s’inscrit dans un relativisme qui articule foi et raison.

Mots-clés : DIEU, FOI, PHILOSOPHIE, RAISON, VÉRITÉ.

THE QUESTION OF GOD’S EXISTENCE WITH SAINT AUGUSTINE AND SAINT THOMAS

Abstract : Christianity is not a philosophy. A philosophy is indeed made up of reason, while christianity is a revealed religion. It has its origin in the word of God itself. So, the XIIIth century passes for a century of order and of unified thought where the truth is universally recognized. And Saint Thomas has been a witness of that time, for his work covers all of knowledge and medieval literary genres. But, his theory of god’ existence based on rationality, from where the doctrine of Aristotle to the reason belongs all truth known with intrinsic evidence by demonstration, opposes the theory of Saint Augustine who thinks that men must trust their senses, their intuition, their faith as for the knowledge of God. He resumes here the famous theory of ideas to the light of Christianity.

Keywords: GOD, FAITH, PHILOSOPHY, REASON, TRUTH.

Références bibliographiques

ARISTOTE, 1986, Physique, trad. August DIETRICH, Paris, Sirey, 476 p.

AUGUSTIN Saint, 1987, De la trinité, trad. J. BANIN, Paris, Vrin, 168 p.

AUGUSTIN Saint, 1995, La Cité de Dieu, trad. J.-C. FRAISSE, Paris, Gallimard, 480 p.

BREHIER Émile, 2015, Histoire de la philosophie, L’antiquité et le Moyen-âge, Tome III, Paris, Vrin, 788 p.

DESCARTES René, 1978, Discours de la Méthode, Paris, Vrin, 190 p.

FATTAL Michel, 2016, AUGUSTIN Penseur de la raison ?, Paris, L’Harmattan, p.

GOUHIER Henri, 1996, La Philosophie et son histoire, Paris, Vrin, 274 p.

JACOBY E., 2010, Les plus grands philosophes de notre temps, Trad. Denis-Armand CANAL, Paris, Éditions de la Martinière, 311 p.

KOUAHO Blé Marcel Silvère, 2017, « Pascal contre Descartes ou la vraie-fausse querelle de la foi contre la raison », in Cahier du CERLESH, PUO. Ouagadougou, Tome XXXI, n°56, p. 301-320.

KOUAHO Blé Marcel Silvère, 2012, « De l’exemplaire primauté de la raison sur la foi chez Descartes », in Humanités Gabonaises, N°3, Libreville, pp. 275-290.

La Sainte Bible, 2007, Version de Louis Segond, Genève, Société Biblique de Genève, 1224 p., http://hdl.handle.net/10400.14/12606, consulté le 07/02/2024 à 04H 37mn.

NADEAU Christian, Le vocabulaire de Saint Augustin, Paris, Ellipses, 2001, 63 p.

NODE-LANGLOIS Michel, Le vocabulaire de Saint Thomas d’Aquin, Paris, Ellipses, 1999, 67 p.

PASCAL Blaise, 1972, Pensées, trad Librairie générale de France, Paris, Garnier-Frères, 480 p., in https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/bassesse#:~:text=Messieur, consulté le 13/12/2024 à 15 h 06mn.

PASCAL Blaise, 1963, Les provinciales, trad. Jean PROUST, Paris, Lethielleux, 408 p.

PLATON, 1962, La République, trad. Léon ROBIN, Paris, Gallimard, 680 p, in https://materialisme-dialectique.com/leloge-de-platon-et-du-platonisme-par-saint-augustin/ , consulté le 13/12/2024 à 15h 03mn.

PLOTIN, 1960, Les Ennéades 1, trad. Émile BREHIER, Paris, Les Belles Lettres, 134 p.

THOMAS Saint, 1998, Somme théologique, trad. Léon ROBIN, Paris, PUF, 966 p., in  https://deideeaecrit.wordpress.com/2015/09/14/finalisme/, consulté le 10/06/2024 à 12h 09mn.

https://www.laicite-aujourdhui.fr/?Genese-de-la-liberte-de-conscience-750, consulté le 31/05/2024 à 16 h 07mn.

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