RESPETH 8 – 2020
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SOMMAIRE
POURQUOI HEIDEGGER ?…………………………………..9
- Vers une phénoménologie sotériologique : du « seul un Dieu peut nous sauver » de Heidegger au « seul un Dieu vivant peut nous sauver » de Michel HENRY, BOKO (Sèdjro Bernadin)……………………………………………… 12
- Du Gestell technologique : quel salut pour l’humanité ?, KOUADIO (Konan Oscar)………………………………………….. 31
- Ontologie et foi dans la pensée heideggérienne, SENZÉ (Kouamé Raymond)……………………………………………… 56
- La science et Dieu chez Leibniz et Einstein, KOUASSI (Kpa Yao Raoul)…………………………………………… 71
- Et l’art créa Dieu : Hölderlin et Heidegger au sujet de la divinité de Dieu, GAINSI (Grégoire-Sylvestre M.)……………………………………………… 91
- Déchoir spirituel du monde et désir divin : l’hénologie plotinienne comme sortie des crises existentielles, KOFFI (Kouakou Marius)…………………………………………… 108
- In-quiétude et appel chez Gabriel MARCEL : le Toi absolu comme fondation onto-théologique du bonheur, KOUASSI (Moulo Elysée)……………………………………………… 128
- « Seul un dieu peut encore nous sauver ». Décryptage et lecture analytique d’une expression énigmatique à l’ère du numérique et de coronavirus, KISSEZOUNON (Gervais), TECHOU (Roland)…………………………………………… 151
- Ô poètes ! ô Dieux ! vérité(s) d’un humanisme fondamental, GOULEI (Yves Laurent)…………………………………………… 174
POURQUOI HEIDEGGER ?
Dans la langue de sa pensée, Heidegger dit que l’Être est la présence du présent ; cela apparaît comme une explicitation de cette catégorie fondamentale de la métaphysique occidentale. Qu’une Revue scientifique, en terre africaine, soit consacrée à rendre explicite l’intuition du dernier des grands penseurs de l’être, n’implique pas moins une question importante qu’il faudrait immédiatement poser, à savoir : Y a-t-il un intérêt à réfléchir, avec Heidegger, sur le sens et la vérité de l’être, pour des êtres dont l’histoire consciente demeure encore très problématique dans l’imaginaire de beaucoup de blancs ? Cette question, en se la posant, ne s’inscrit nullement dans un conflit d’identité ou de capacité historiale ; elle vise plutôt à scruter un implicite qui structure tout grand philosopher : Le rapport de la conscience aux choses. Ce rapport ne peut être esquivé, sous aucun prétexte, pour autant que l’homme, quelle que soit sa particularité individuelle ou collective, ne peut pas ne pas comprendre que le point de départ de l’histoire s’inscrit nécessairement dans ce rapport. Au fond, au-delà de tout ce qui nous préoccupe, et qui peut parfois devenir objet de divergences ou même de conflits, souvent violents, il y a une chose qui nous détermine tous : nous sommes des consciences devant les déterminités. Et la conscience ne parvient à sa vérité que dans une appartenance essentielle au Concept, comme expression d’une pensée substantielle de son rapport aux choses. De ce point de vue, ce rapport n’est pas un simple rapport, il est si complexe qu’une complaisance à son égard influence négativement la marche dans l’histoire de tout peuple. La qualité de cette marche est donc déterminée par le sérieux et la profondeur avec lesquels l’on se pense dans la présence des choses. Husserl, dont la philosophie est une réappropriation de la conscience, dans son essentialité, nous permet de bien comprendre qu’une pensée rigoureuse ne peut se dispenser de la vérité de la conscience dans son rapport aux choses, d’où la nécessité fondamentale de l’époché, pour accéder au moi transcendantal ; car une conscience encombrée de psychologisme rend impossible l’effectivité exacte de celle-ci dans son intentionnalité. C’est la réduction transcendantale pour désobstruer le rapport de la conscience aux choses. Le retour aux choses ou « droit aux choses mêmes », comme idée substantielle de la phénoménologie husserlienne, est le retour de la conscience dans sa pureté originelle, seul gage pour rendre la philosophie, c’est-à-dire le Concept, à sa propre vérité, comme science rigoureuse. Le célèbre article de Husserl, La philosophie comme science rigoureuse, paru en 1911, en donne la pleine mesure. La conscience, étant le fondement premier de toute science, y compris la philosophie en premier, exige d’être pensée en soi, comme conscience transcendantale, pour donner au Concept toute la rigueur de son sens. La rigueur de la conscience, qui s’atteste dans la réduction phénoménologique, chez Husserl, traverse toute la pensée de Heidegger, qui l’enracine dans une expérience plus originaire et plus originelle, celle avec l’Être.
Quand j’essaie de faire attention à mon environnement, je vois les choses-ci : à côté, un chien ; devant, une maison ; plus loin, un arbre. Ces choses seraient-elles spécifiques à mon environnement ? N’existeraient-elles pas ailleurs, à des milliers de kilomètres, à Katmandou au Népal par exemple ? Si, mais, on pourrait objecter que mon chien n’est pas le même que celui du Népal. Sans doute, mais si on admet que mon chien et celui du Népal sont des chiens, il va sans dire que quelque chose de plus profond les détermine, de telle manière que, malgré l’évidente différence, ils demeurent des chiens. Notre pensée, qui les identifie comme chiens, se pose sur la réalité non perceptible, qui, dans sa profonde vérité, permet de déterminer le chien comme chien. Ainsi, la pensée, dans son propre, se conçoit et se fonde sur le non-présent, en tant qu’il est l’indéterminable dans le déterminable-présent. Et c’est là toute la pertinence du penser heideggérien. La tentation constante d’être envahie par le présent empêche la pensée de se déployer rigoureusement pour donner à la conscience toute sa vérité.
Penser la pensée, dans son appartenance à l’Être, pour la préserver de l’invasion de l’étance, reste une idée éternellement « jeune », qui implique, sans aucun doute, la préservation absolue de l’identité essentielle, sans laquelle, de toute évidence, rien de substantiel ne peut être construit, pour donner à l’histoire la plénitude de son sens. La question de la pensée est une question d’humanité qui ne saurait être circonscrite à une aire géographique, dans la mesure où le rapport de l’homme à l’étant est un rapport qui structure, de manière universelle, son existence.
Mieux, penser la pensée pour mieux la rendre à l’homme, afin de lui permettre d’habiter, dans la sérénité, la terre, où l’étant devient absolu, exige une méditation sur le rapport de l’étant à l’être. Un rapport dans lequel l’étant est dans la dépendance de l’être. L’étant se structure dans une articulation nécessaire à l’être. Cette nécessaire articulation, disloquée par la métaphysique de l’étant, est si absolue que Heidegger, dès les premières pages de Être et Temps, fait le constat suivant : « La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli » (Heidegger, 1986, p. 25). Mais au préalable, il n’a pas manqué de dire ceci, dont la gravité permet de mesurer tout l’enjeu de sa pensée : « Avons-nous une réponse à la question de savoir ce que nous voulons dire exactement avec le mot « étant » ? Aucunement. Dans ces conditions, il faut poser en termes tout à fait neufs la question du sens de l’être. Sommes-nous donc seulement aujourd’hui encore dans l’aporie de ne pas entendre l’expression « être » ? Aucunement. Dans ces conditions, le plus urgent, c’est de réveiller une entente pour le sens de cette question » (Idem, p. 21). Il s’agit, alors, de pousser à fond le rapport de l’homme au savoir pour qu’advienne et se maintienne, sans prétention et de manière définitive, son essence pensante, si tant est que rien ne peut possibiliser son existence, s’il n’est radicalement établi dans cette essence. Car, dit Heidegger, « savoir est la sauvegarde pensante de la garde de l’être » (Heidegger, 1958, p. 420). Cette garde, dans laquelle l’homme accomplit la splendeur de son humanité, n’est spécifique à aucune race et à aucun continent, sauf si nous admettions que la pensée ne serait pas le propre de l’homme. Pour avoir commencé en Grèce que Hegel qualifie comme le point lumineux de l’histoire universelle, la pensée, dans l’appartenance à son essence, comme objectivation rigoureuse et profonde de la conscience dans son rapport aux choses, déborde la seule Grèce, et poursuit sa marche radicale, vers le lieu essentiel où l’homme est pleinement chez soi. Peu importe la manière avec laquelle elle parvient aux peuples, qu’elle soit embastillée dans un impérialiste colonial, il nous faut l’accueillir, avec grande sérénité et lui permettre de croître dans le secret de sa puissance, qui rend puissants les peuples qui savent la contempler dans la splendeur de sa vérité. Là se trouve, paradoxalement, l’authentique chemin de liberté, parce qu’est libre celui qui se déploie dans la Libre-Étendue, où sont brisées les idoles de nos excessifs particularismes et de nos primitivités, dénuées du saut qualitatif, nous empêchant ainsi de saisir la profondeur de cette idée heideggérienne : Là où croît le péril, là aussi croit ce qui sauve. Ce qui suppose qu’il faut, dès la départ, écarter, avec une violence salutaire, l’idée d’une rationalité multiple, comme si « un plus un » feraient, ailleurs, autre chose que deux. La logique n’est ni culturelle, ni géographique, c’est le propre de l’esprit ; et l’essence de l’esprit, selon Hegel, réside dans la conscience de soi, conscience parvenant à son contenu comme Concept. Ce Concept est grec ; et nous sommes, pour ainsi dire, des Grecs. Serait-il scandaleux d’affirmer pareille chose ? Ne faudrait-il pas revendiquer autre chose que la grécité, surtout que la Grèce actuelle est menacée de faillite, en raison de profondes difficultés économiques ? Aussi, pourrions-nous ironiser, de telles difficultés ne trouvent-elles pas leur fondement ultime dans un certain « oubli de l’Être » ? Y a-t-il donc, aujourd’hui, honneur à défendre une filiation grecque ? En bonne logique non, pas pour des raisons de grandeur économique, mais parce qu’un Noir ne peut pas avoir un ancêtre Blanc, alors qu’il n’est pas mulâtre. Alors que veut dire « nous sommes des Grecs ? » Heidegger nous donne l’excellente réponse : « Grec, cela ne signifie pas, dans notre façon de parler, une propriété ethnique, nationale culturelle ou anthropologique ; grec est le matin du destin sous la figure duquel l’être même s’éclaircit au sein de l’étant et en laquelle une futurition de l’homme, qui en tant qu’historial, a son cours dans les différents modes selon lesquels elle est maintenue dans l’être ou délaissée par lui, sans pourtant jamais en être coupée » (Heidegger, 1958, p. 405).
Dans une Afrique, où, cinquante ans après les indépendances, pour la plupart des pays francophones, la question des États modernes demeure encore très préoccupante, en raison d’une appropriation non encore suffisante des concepts fondamentaux comme la justice, la liberté, l’égalité sociale et politique, la rigueur au travail, concepts à partir desquels se construit tout peuple viable, une entreprise comme RESPETH, qui s’élève dans l’horizon de la pensée de l’Être, n’apparaît pas seulement juste mais nécessaire. Bien qu’elle ne soit pas au centre de la pensée heideggérienne, la pensée des valeurs et des exigences sociales et politiques ne sous-tend pas moins la question de l’être, si tant est que c’est au cœur d’un humanisme fondamental, comme pensée de l’Être, qu’émerge et acquiert consistance tout humanisme classique, comme valeurs humaines à promouvoir et à sauvegarder. Il serait, alors, prétentieux, de croire que la présente œuvre donnerait des directives à l’action de l’homme ; une telle orientation est, simplement, aux antipodes de la pensée de Martin Heidegger, pour qui la pensée est en soi une action radicale : « La pensée n’est pas d’abord promue au rang d’action du seul fait qu’un effet sort d’elle ou qu’elle est appliquée à La pensée agit en tant qu’elle pense. (…) Cet agir est probablement le plus simple en même que le plus haut, parce qu’il concerne la relation de l’homme à l’être » (Heidegger, 1966, p. 68). Pourquoi ? Parce que là où existent des distorsions sociales et des horizons historiques confus, la pensée ne s’est pas suffisamment accomplie, c’est-à-dire l’homme n’a pas, avec vigueur et rigueur, porté son essence dans la seule relation, qui lui donne tout son contenu, celle de l’être. Ne serait-il pas alors bien étonnant de montrer, avec rage, comme l’a fait Emmanuel Faye, que Heidegger est un théoricien du nazisme ? Ne serait-il pas tout à fait injuste d’enfermer le grand penseur de l’Être dans une courte séquence de sa vie (Six mois rectorat sous le régime des nazis), alors même que la commission de « Dénazification » (France-Lanord, 2013, p. 320-326) a eu lieu depuis le courant des années 1945-1949 ! L’image intime du philosophe de la Forêt Noire, qu’il convient tenir fermement, détruit radicalement le rectorat sous le nazisme. Pas plus que son génie de pensée ne peut être discrédité par son histoire d’amour avec Hannah Arendt, pas plus les accointances avec le nazisme ne peuvent remettre en cause la profondeur de pensée du dernier des grands philosophes de notre temps. Le génie n’est pas Dieu ; et la grande intelligence n’est pas canonisation.
« Le présent est le rassemblement ordonnant et sauvegardant du présent en sa présence chaque fois séjournante » (Heidegger, 1958, p. 444). Apprendre à sauvegarder le présent pour habiter, de manière sereine l’humanité de l’homme, telle est, pour nous, l’absolue nécessité inesquivable. Apprendre à penser, avec Martin Heidegger, ce n’est pas apprendre à spéculer, c’est apprendre à être radicalement humain ; seul l’humain pense en poète, c’est-à-dire la pensée qui élève l’homme dans une harmonie intégrale, parce que pensée de l’Être. Alors, reprenant Hölderlin, Heidegger pouvait écrire : « Plein de mérites, c’est pourtant poétiquement que l’homme habite la terre ». Puissent nos présents « Pas » demeurer dans l’ouvert irradiant de l’Être, pour qu’advienne l’effectivité historique du Concept Vivant.
Jean Gobert TANOH
NUMÉRO THÉMATIQUE 2020 DE LA REVUE RESPETH
« SEUL UN DIEU PEUT ENCORE NOUS SAUVER »
Pour son numéro de Décembre 2020, la Revue Spécialisée en Études Heideggérienne (respeth) lance un appel thématique.
La thématique générale est référencée à la parole de Martin Heidegger issue de son entretien avec la revue Der Spiegel : « Seul un Dieu peut encore nous sauver ». En somme, il s’agira d’évaluer l’entente heideggérienne de cette parole relativement à la problématique de la technique. La question de Dieu, telle qu’elle se présente dans l’histoire de la Philosophie, surtout ceux des auteurs avec lesquels le penseur de Messkirch a eu un véritable commerce, trouvera une résonnance particulière dans cette perspective. De même, des contributions inédites sur la question du Sacré, du Divin, etc., à l’ère contemporaine, sont attendues.
VERS UNE PHÉNOMENOLOGIE SOTÉRIOLOGIQUE : DU « SEUL UN DIEU PEUT NOUS SAUVER » DE HEIDEGGER AU « SEUL UN DIEU VIVANT PEUT NOUS SAUVER » DE MICHEL HENRY
Sèdjro Bernadin BOKO
École Normale Supérieure Porto-Novo (Bénin)
Résumé : La réduction phénoménologique permet d’approcher Dieu sans professer une foi en une religion. L’onto-phénoménologie de Heidegger et Henry a tenté de poser cette problématique de Dieu, respectivement à partir de l’être et de la vie. En ce sens, l’ontologie fondamentale du Dasein est la condition de possibilité de la question du sacré, du divin. Elle le fait à partir de la poésie. La phénoménologie de la vie, quant à elle, tente de penser Dieu à partir de la vie. C’est ainsi que le « seul un dieu peut nous sauver » devient « seul un dieu vivant peut nous sauver ».
Mots-clés : HEIDEGGER, HENRY, ȆTRE, VIE, DIEU, PENSEE ET POÉSIE.
Abstract : The phenomenological reduction makes it possible to approach God without professing a faith in a religion. The onto-phenomenology of Heidegger and Henry attempted to pose this problematic of God respectively from being and from life. In this sense, the Dasein’s fundamental ontology is the possibility condition of the sacred and the divine’s question. She makes it through poetry. The phenomenology of life, for its part, attempts to think God on the basis of life. This is how the « only a god can save us » becomes « only a living god can save us ».
Keywords: HEIDEGGER, HENRY, BEING, LIFE, GOD, THOUGH, POETRY.
Références bibliographiques
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DU GESTELL TECHNOLOGIQUE : QUEL SALUT POUR L’HUMANITÉ ?
Konan Oscar KOUADIO
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : Décrire les technologies modernes et leurs excès ou méfaits en vue de les corriger est une entreprise qui demeure lettre morte car sous l’angle de son efficacité, la technique est appréciée trop pauvrement. Pour Martin Heidegger, il faut regarder de près la technique et la questionner afin de s’ouvrir à son essence comme Gestell ou « Arraisonnement ». Lequel Arraisonnement correspond au retrait le plus total de l’être au profit de l’étant et, subséquemment, à une dévastation écologique, anthropologique et ontologique, signes d’un assombrissement du monde. Seulement, comme un choc en retour, là où subsiste le péril dû au Gestell s’ouvre aussi un chemin de salut : ce flot vertigineux des inventions technologiques, incline l’homme à renouer avec la conscience du sacré afin de s’assurer plus de sérénité et une nouvelle espérance. Ainsi, est-il enjoint à l’être humain d’être dans l’habitation ontologique.
Mots-clés : TECHNIQUE, ESSENCE, ARRAISONNEMENT, PERIL, SERENITE, SALUT.
Abstract : Describing modern technologies and their excesses or misdeeds with a view to correcting them is an undertaking that remains a dead letter because from the point of view of its efficiency, technology is appreciated too poorly. For Martin Heidegger, it is necessary to look closely at technology and to question it in order to open up to its essence as Gestell or ‘Inspection’. This lnspection corresponds to the most total withdrawal of being in favour of beingness and, subsequently, to an ecological, anthropological and ontological devastation, signs of a darkening of the world. However, like a backlash, where the peril of the Gestell remains, a path to salvation also opens up : this dizzying flow of technological inventions inclines man to reconnect with the consciousness of the sacred in order to ensure more serenity and a new hope. Thus, the human being is enjoined to be in ontological habitation.
Keywords: TECHNIQUE, ESSENCE, INSPECTION, PERIL, SERENITY, SALVATION
Références bibliographiques
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VALLÉE Annie, 2002, Économie et environnement, Paris, Seuil.
ONTOLOGIE ET FOI DANS LA PENSÉE HEIDEGGÉRIENNE
Kouamé Raymond SENZÉ
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : La réhabilitation de la métaphysique, à travers la pensée de l’Être par Martin Heidegger, conduit sa réflexion sur la Foi, domaine mystique et mystérieux de la vie humaine. Elle repense l’humanité de l’homme et donne, dans la proximité de l’Être, une nouvelle dimension à sa croyance. Indiquant le lieu d’habitation de la pensée, Heidegger montre que le destin de l’homme déterminant qui séjourne dans le Quadriparti, s’accomplit sur la terre, en tant que mortel, dans l’attente de l’accueil du ciel et tisse des relations avec les divins dans l’ ek-sistence, un horizon nouveau pour asseoir son humanisme.
Mots-clés : ONTOLOGIE, FOI, ABSOLU, HOMME, EK-SISTENCE, RELIGION, DIEU.
Abstract : The rehabilitation of metaphysics, through the thought of the Being by Martin Heidegger, leads his reflection on Faith, the mystical and mysterious domain of human life. It rethinks the humanity of man and gives, in the proximity of the Being, a new dimension to his belief. Indicating the place of habitation of thought, Heidegger shows that the destiny of the determining man who dies in the Quadriparti, is fulfilled on earth, as a mortal, waiting for the reception of heaven and weaves relations with the divine in ek-sistence, a new horizon to establish his humanism.
Keywords: ONTOLOGY, FAITH, ABSOLUTE, MAN, EK-SISTENCE, RELIGION, GOD.
Références bibliographiques
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LA SCIENCE ET DIEU CHEZ LEIBNIZ ET EINSTEIN
Kpa Yao Raoul KOUASSI
Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY (Côte d’Ivoire)
Résumé : La science a connu des bouleversements importants avec les apports de la physique classique de Newton et la physique relativiste d’Einstein. Pour poser les problèmes épistémologiques du fondement de la science, avec la physique, nous assistons aussi à un recours aux questions et explications touchant Dieu, alors qu’elles sont réservées à la métaphysique. L’explication métaphysique de Dieu avec Leibniz, devenue une réduction métaphysique, semble hésitante. Elle a suscité une adhésion qui a fini par devenir un dogme dont la science a besoin avec Einstein par une explication scientifique de Dieu. La science vient du Dieu monarque leibnizien devenu le Dieu cosmique d’Einstein. Dieu crée le monde suivant une formule dont la clé manque à la métaphysique, mais c’est à la métaphysique d’ouvrir les perspectives d’un autre a priori pour la science. Comme ces nouvelles perspectives ne font pas disparaître la métaphysique, une complémentarité entre la métaphysique et la science est envisageable pour cerner les liens entre la science et Dieu.
Mots-clés : COSMIQUE, DIEU, EXPLICATION, MONARQUE, RELATIVITÉ, SCIENCE.
Abstract : Science has undergone major upheavals with the contributions of Newton’s classical physics and Einstein’s relativistic physics. To pose the epistemological problems of the foundation of science with physics, we are also witnessing a recourse to questions and explanations concerning God, while they are reserved for metaphysics. The metaphysical explanation of God with Leibniz, which has become a metaphysical reduction, seems to stumble. It sparked an adherence that ended up becoming a dogma that needs science with Einstein by a scientific explanation of God. Science comes from the Leibnizian monarch God who became the cosmic God of Einstein. God creates the world, according to a formula that the key is lacking in metaphysics, but it is up to metaphysics to open up the perspectives of another a priori for science. As those new perspectives do not make metaphysics disappear, a complementarity between metaphysics and science is possible in order to identify the links between science and God.
Keywords: COSMIC, GOD, EXPLANATION, MONARCH, RELATIVITY, SCIENCE.
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ET L’ART CRÉA DIEU : HÖLDERLIN ET HEIDEGGER AU SUJET DE LA DIVINITÉ DE DIEU
Grégoire-Sylvestre M. GAINSI
Université de Poitiers/Institut catholique de Paris
Résumé : Pour Hölderlin, Dieu est à venir. C’est pourquoi seul le retrait exprime l’apparaître du divin. Telle est aussi la vision que partage M. Heidegger dont l’ontologie avoisine trait pour trait cet Être se manifestant mais toujours en retrait. L’enjeu de ce retrait, comme révélation de la divinité de Dieu, est ce que nous voulons percevoir dans ce travail qui confronte la vision des deux figures du romantisme transcendantal allemand que sont Hölderlin et Heidegger. Le retrait-manifesté du divin se délègue à travers diverses formes et figures, c’est-à-dire au travers du divin que le poète peut représenter par son pouvoir artistique dans sa relation avec la nature.
Ainsi, inventer la divinité passe par l’art et la nature. Seul l’art peut dire la divinité dans une approche plus divine. Il chante, dans la vérité, les figures de délégation divine. La célébration, par Hölderlin, de la délégation de Dieu comme Père, comme Unique Fils, comme Esprit, révèle la profondeur de sa pensée poétique qui sort Dieu de son retrait et Le ramène au pays natal. De même, pour Heidegger, le mode d’apparaître du divin est le même. Et son pays natal que le langage heideggérien, toujours poétique, nomme “origine” (Herkunft), n’advient qu’en allant au-delà de ce qui apparaît. Par son art, le poète invente Dieu et Le chante au cœur de la philosophie et de la théologie.
Mots-clés : ART, DIEU, DIVINITE, NATURE, RETOURNEMENT NATAL, RETRAIT, PERE.
Abstract : According to Hölderlin, God is to come. That is why only withdrawal expresses divine’s appearance. This is also the vision of M. Heidegger whose ontology is closely related to this Being showing itself but always hiden. The stake of this withdrawal, as God’s divinity’s revelation, is what we aim to perceive in this work which confronts the vision of the two figurehead of German transcendental Romanticism that are Hölderlin and Heidegger. The manifested-withdrawal of the divine is delegated through various forms and figures, we mean throughout the divine that the poet can represent, using his artistic power in his relationship with nature.
In this way, inventing the divinity passes by art and nature. Only art can express divinity in a more divine approach. He sings indeed the figures of divine delegation. Hölderlin’s celebration of the delegation of God as Father, as Only Son, as Spirit shows the depth of his poetic thought that brings God out of his withdrawal and brings Him back to his homeland. Similarly, for Heidegger, the divine appearance mode is the same. And his homeland, which the Heideggerian language, always poetic, calls “origin” (Herkunft), happens only beyond what appears. Through his art, the poet invents God Whom he sings in both philosophy and theology.
Keywords: ART, GOD, DIVINITY, NATURE, NATAL REVERSAL, WITHDRAWAL, FATHER
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DÉCHOIR SPIRITUEL DU MONDE ET DÉSIR DIVIN : L’HÉNOLOGIE PLOTINIENNE COMME SORTIE DES CRISES EXISTENTIELLES
Kouakou Marius KOFFI
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : Le déchoir spirituel du monde est la résultante des crises qui affectent son bon fonctionnement par la démesure de l’avoir ; ce qui complexifie le rapport Homme-Dieu, par un oubli de celui-ci. Le sens de la crise moderne actuelle met en lumière la rupture d’avec le divin, et sa substitution par l’humain, dans un absolutisme de la rationalité, d’où le déchoir spirituel. Conscients de cette crise spirituelle et scientifique, l’hénologie plotinienne suscite la restauration du divin en soi, pour une existence authentique et un développement, image de la présence divine, pour un équilibre social, moral et spirituel.
Mots-clés : AVOIR, DÉCHOIR SPIRITUEL, DIEU, DÉSIR DIVIN, HÉNOLOGIE.
Abstract : The nowadays world spiritual decay is just the result of the crisis that affects its normalisation by the overestimation of personal gains and that complexifies the relationship Human-God by the oversighting of God. The nowadays modern crisis strength highlights the breaking off with God and his sustitution by human people in an absolutism conception of the reason. Hence, the spiritual decay. Knowing that spiritual and scientific crisis, the plotinian henelogy calls for divine restoration through everyone for authentic existence and personal develloppment, proof of divine existence for social, moral and spiritual balance.
Keywords: SPIRITUAL DECAY, DIVINE DESIRE, GOD, GAIN, HENOLOGY.
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IN-QUIÉTUDE ET APPEL CHEZ GABRIEL MARCEL : LE TOI ABSOLU COMME FONDATION ONTO-THÉOLOGIQUE DU BONHEUR
Moulo Elysée KOUASSI
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : La déréliction, la crise voire l’inquiétude constante semble constituer les réalités existentielles de notre époque, si bien que l’humanité de l’avenir inquiète et appelle à de sérieuses réflexions sur la destinée de l’humain et le sens de l’histoire. Selon une lecture marcellienne, tout porte à croire qu’en essayant d’assumer son « pouvoir-être », sa condition de modernité, l’homme moderne vit une certaine impasse du progrès et qu’il aurait même perdu les repères ontologiques et les racines spirituelles qui le maintenaient si divin et humain. Autrement dit, au cœur de notre civilisation contemporaine, l’homme se retrouve défenestré et infortune, requis par une impérieuse exigence de transcendance, ou encore il serait à la recherche de son équilibre, de l’exigence d’être. Ainsi, contre l’espoir fondé par les conceptions scientistes et immanentistes soutenues par l’humanisme athée, G. Marcel procède à une analyse d’essence phénoménologique portant sur la situation fondamentale de l’homme et invite à une dialectique existentielle entre le divin et l’humain, voire à une invocation adoratrice du Toi absolu, afin de fonder la plénitude d’une humanité transfigurée, capable de garantir la sauvegarde de l’être humain et sa dignité existentielle.
Mots-clés : APPEL, EXIGENCE DE TRANSCENDANCE, IN-QUIÉTUDE, INVOCATION, ONTO-PHENOMÉNOLOGIE, TOI ABSOLU.
Abstract: Dereliction, crisis and even constant worry seem to constitute the existential realities of our time, so much so that the humanity of the future worries and needs serious reflection on the destiny of human and the significance of history. According to a Marcellian reading, there is every reason to believe that by trying to assume his « power-to-be », his condition of modernity, modern human is living a certain impasse of progress and that he has even lost ontological reference points and spiritual roots that kept him so divine and human. In other words, at the heart of our contemporary civilization, human finds himself defenestrated and misfortune, required by an imperious requirement for transcendence, or even that he is in search of his balance, of the requirement of being. Thus, against the hope founded by scientist and immanentist conceptions supported by atheistic humanism, G. Marcel proceeds to an essentially phenomenological analysis bearing on the fundamental situation of human and invites an existential dialectic between the divine and the human, even to an adoring invocation of the absolute You, in order to found the fullness of a transfigured humanity, capable of guaranteeing the protection of the human being and his existential dignity.
Keywords: CALL, TRANSCENDENCE REQUIREMENT, IN-QUIETUDE, INVOCATION, ONTO-PHENOMENOLOGY, ABSOLUTE YOU.
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« SEUL UN DIEU PEUT ENCORE NOUS SAUVER » DÉCRYPTAGE ET LECTURE ANALYTIQUE D’UNE EXPRESSION ÉNIGMATIQUE À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE ET DE CORONAVIRUS
- Gervais KISSEZOUNON
Université d’Abomey-Calavi (Bénin)
- Roland TECHOU
Ecole Normale Supérieure (Bénin)
Résumé : « Seul un dieu peut encore nous sauver » sonne le glas de l’arraisonnement du monde. Il ouvre la voie à une perception renouvelée de l’être humain voire de sa capacité à « donner sens et existence au monde ». A l’ère de « l’insuffisance de la raison suffisante » (Jean-Luc Marion, Etant donné), le mot de Heidegger retrouve son sens. Il ne s’agissait pas pour le philosophe d’entériner le nihilisme nietzschéen encore moins de saper les bases de l’humanisme traditionnel. Mais le penseur du sens de l’être cherche à faire écouter « la Nouvelle tonalité affective de l’être humain » dont la technique contemporaine fait entendre l’écho. Pour l’avoir ainsi analysé afin de saisir le sens du numérique contemporain (ontophanique et techno-transcendantal), il nous a paru nécessaire d’y associer l’herméneutique philosophique de la situation pandémique actuelle du monde pour rechercher l’issue du divin encore possible dans notre monde.
Mots-clés : DIEU, TECHNIQUE, NUMERIQUE, HEIDEGGER, ONTOPHANIQUE, SENS.
Abstract : « Only a god can still save us » is the death knell for the arrest of the world. It paves the way for a renewed perception of the human being and even of his ability to « give meaning and existence to the world ». In the age of « the inadequacy of sufficient reason » (Jean-Luc Marion, Given), Heidegger’s word regains its meaning. It was not for the philosopher to endorse Nietzschean nihilism, much less to undermine the foundations of traditional humanism. But the thinker of the sense of being seeks to make listen to « the New Emotional Tone of the Human Being » whose contemporary technique echoes. To have thus analysed it in order to grasp the meaning of contemporary digital (ontophanic and techno-transcendental), it seemed necessary to associate it with the philosophical hermeneutics of the current pandemic situation of the world in order to seek the outcome of the divine still possible in our world.
Keywords: GOD, TECHNICAL, DIGITAL, HEIDEGGER, ONTOPHANIQUE, SENSE..
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Ô POÈTES ! Ô DIEUX ! VÉRITÉ(S) D’UN HUMANISME FONDAMENTAL
Yves Laurent GOULEI
Université Alassane OUATTARA (Côte d’Ivoire)
Résumé : La substantialité de l’ontologie heideggérienne, en dépassant la métaphysique pour poser l’Être, dans sa démarche différenciée comme la vérité de l’étant, saisit cette même vérité de l’Être comme poème : un-se-mettre-en-œuvre-de-la-vérité. Ce dévoilement qui prend le nom de poème est la conséquence logique de la phénoménologie qui se donne comme le mode d’accès par excellence à la vérité des choses. Or, la poésie et la phénoménologie ont ceci de commun qu’elles visent l’être des choses. Chez Heidegger, poésie et phénoménologie, ayant une vocation ontologique, permettent de concevoir l’humanisme en sa vérité fondamentale. En ces temps périlleux, de détresse, où il convient, dans une perspective hölderlinienne, d’être en direction de ce qui sauve, la poésie se pose comme l’activité par excellence pour ré-apprendre à penser afin d’habiter dans la proximité des dieux, ce qui signifie aussi dans le lieu-ouvert.
Mots-clés : DIEUX, HABITER, HUMANISME, PENSER, PHÉNOMÉNOLOGIE, POÉSIE.
Abstract : The substantiality of Heideggerian ontology, by going beyond metaphysics to pose Being, in the differentiated approach as the truth of being, grasps this same truth of Being as a poem: a-truth’s-deployment. This unveiling which takes the name of poem is the logical consequence of phenomenology given as truth of things’excellent mode of access. But, poetry and phenomenology have this in common that they aim at the being of things. With Heidegger, poetry and phenomenology, having an ontological vocation allow us to understand humanism in its fundamental truth. In those perilous times and distress, where it is advisable, by a Hölderlian perspective, to be in the direction of what saves, poetry arises as an excellent activity to re-learn thinking in order to live in the proximity of gods, that also means in the opened-way.
Keywords: GODS, LIVING, HUMANISM, THINKING, PHENOMENOLOGY, POETRY.
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